RD CONGO/ PERSPECTIVES : plus de violences politiques, moins d’économie et de développement ?
23 mars 2018  >  By:   >  A LA UNE, POLITIQUE AFRIQUE  >  No Comment   //   1059 Views

 

« République démocratique du Congo/ Événements de 2017 : La violence politique et les mesures de répression du gouvernement se sont poursuivies en 2017, alors que le Président Joseph Kabila s’est maintenu au pouvoir au-delà de la limite constitutionnelle de deux mandats, qui a pris fin le 19 décembre 2016. Alors que les autorités retardaient les projets d’organisation d’élections, des agents gouvernementaux et des membres des forces de sécurité ont systématiquement cherché à faire taire, réprimer et intimider l’opposition politique, les défenseurs des droits humains et les activistes pro-démocratie, les journalistes et les manifestants pacifiques. Les forces de sécurité gouvernementales et de nombreux groupes armés ont attaqué des civils à travers le pays, avec des conséquences dévastatrices. »

 

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1 – République démocratique du Congo : les élections fixées au 23 décembre 2018, annonce la Céni

 

Fin du suspens en République démocratique du Congo (RDC). A l’issue d’un week-end de plénière, la Commission électorale a annoncé ce dimanche, devant la presse et les diplomates, la date des élections : la présidentielle, les législatives et les provinciales se tiendront le 23 décembre 2018. Trois scrutins en une seule séquence. Les pressions internationales, celles de la classe politique et de la société civile congolaise ont payé, a reconnu personnellement le président de la Céni. La Commission électorale avait jusqu’ici affirmé qu’il n’était techniquement pas possible d’organiser les trois scrutins avant avril 2019. Mais la pression internationale sera au moins parvenue à cela.

 

Trois scrutins auront donc lieu en une seule séquence le 23 décembre 2018 : la présidentielle, les législatives et les provinciales. Il a rappelé que plus de 40 millions de Congolais étaient déjà enrôlés. Et surtout, il a appelé à éviter toute mauvaise réaction après l’annonce de ce calendrier, alors qu’un important dispositif sécuritaire entoure ce dimanche soir les locaux de la Commission électorale à Kinshasa.

 

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_ Un chronogramme et un soutien logistique et financier

C’est le rapporteur de la Céni, Jean-Pierre Kalamba, qui a détaillé le chronogramme. On y découvre par exemple que les Congolais de l’étranger pourront finalement voter. Ils seront enrôlés à partir du 1er juillet 2018, un mois après l’audit du fichier électoral mis à jour pour les électeurs habitant en RDC. Selon ce chronogramme, le président Kabila restera, lui, au pouvoir au moins un an de plus. Son successeur devrait prêter serment le 12 janvier 2019. Avec ce calendrier tant attendu, le chef de l’Etat congolais aura gagné deux ans, soit près d’un demi-mandat.

 

Des élections au plus tard en 2018, c’est ce que réclamait la communauté internationale, et jusqu’ici la Céni disait officiellement que c’était techniquement impossible et réclamait une aide financière. Aujourd’hui, ce calendrier est assorti de promesses, dit-on, d’un soutien logistique des partenaires de la RDC et de nouveaux moyens humains et financiers. « Nous espérons que les partenaires vont mettre leur contribution pour aider la Céni, et pas seulement les ONG », a déclaré Corneille Naanga. Il faudra attendre le 6 mars 2019 pour voir le Sénat renouvelé, élection qui n’a plus eu lieu depuis 2006. Quinze jours plus tard devrait avoir lieu l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs. Quant au scrutin inédit et si complexe à organiser dans un pays-continent comme la RDC, selon la Commission électorale, les élections locales, conseillers communaux, secteurs et chefferies, pourront se tenir pour la première fois le 22 septembre 2019.

 

Pour le président de la Céni, Corneille Naanga, ce calendrier « respecte l’accord politique de la Saint-Sylvestre », qui prévoyait en principe ces élections fin 2017. C’est aussi ce que pense Aubin Minaku, secrétaire général de la majorité présidentielle et président de l’Assemblée nationale qui se félicite de cette nouvelle étape. « L’accord de la Saint-Sylvestre fixait le délai de décembre, mais avait aussi prévu qu’il y ait une évaluation du processus pour éventuellement amender le calendrier. Et je crois que c’est ce qui a été fait. »

 

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_ Est-ce que ce calendrier va être accepté par l’opposition ?

Félix Tshisekedi, le président du Rassemblement de l’opposition a immédiatement rejeté ce calendrier qu’il juge « inacceptable ». Il affirme par ailleurs ne plus reconnaître ni le gouvernement ni la Céni. Pour lui, ce calendrier est une violation de la Constitution et de l’accord politique de la Saint-Sylvestre que lui-même a signé. « Nous allons demander à notre peuple de réagir à cela, de résister, et de finalement chasser Kabila et sa bande de malfaiteurs », a-t-il réagi. « Nous allons demander à la communauté internationale de prendre ses responsabilités et surtout de ne pas essayer de nous convaincre de ce crime qui est en train de se passer sous nos yeux. » C’est l’avis d’Eve Bazaïba du MLC qui rejette également de ce calendrier. « Le peuple n’acceptera », dit-elle.

Quant à la Conférence épiscopale nationale congolaise (Cenco), qui avait facilité le dialogue qui a abouti à la signature de l’accord du 31 décembre 2016, elle n’a pas encore donné sa position officielle, mais elle estime que la Céni aurait pu faire plus d’efforts pour avancer la date des élections.

 

Par RFI/ Publié le 05-11-2017/ Modifié le 06-11-2017/

 

http://www.rfi.fr/afrique/20171105-rdc-elections-fixees-23-decembre-2018-annonce-ceni

 

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2 – République démocratique du Congo : Événements de 2017

 

La violence politique et les mesures de répression du gouvernement se sont poursuivies en 2017, alors que le Président Joseph Kabila s’est maintenu au pouvoir au-delà de la limite constitutionnelle de deux mandats, qui a pris fin le 19 décembre 2016. Alors que les autorités retardaient les projets d’organisation d’élections, des agents gouvernementaux et des membres des forces de sécurité ont systématiquement cherché à faire taire, réprimer et intimider l’opposition politique, les défenseurs des droits humains et les activistes pro-démocratie, les journalistes et les manifestants pacifiques.

 

Les forces de sécurité gouvernementales et de nombreux groupes armés ont attaqué des civils à travers le pays, avec des conséquences dévastatrices. Un accord de partage du pouvoir conclu sous l’égide de l’Église catholique et signé fin 2016 appelait à la tenue d’élections avant la fin de 2017 et l’adoption d’un certain nombre de mesures pour apaiser les tensions politiques, notamment la libération de prisonniers politiques. Nombre des principes cardinaux de cet accord ont été en grande partie ignorés.

 

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En mars, les évêques catholiques se sont retirés de leur rôle de médiateurs. En juin, ils ont imputé la responsabilité des crises terribles qui affectent le pays dans les domaines de la sécurité, des droits humains, de l’économie et de la politique au fait que les dirigeants n’avaient pas tenu d’élections conformément à la Constitution, et exhorté les Congolais à se mettre « debout » et à prendre en main leur destin. En novembre, quelques jours après que l’ambassadrice des États-Unis auprès de l’ONU, Nikki Haley, s’était rendue en RD Congo et avait appelé Kabila à organiser des élections d’ici la fin de l’année 2018, la commission électorale nationale a publié un calendrier électoral fixant la date du 23 décembre 2018 pour des élections présidentielles, législatives et provinciales, tout en citant de nombreuses contraintes susceptibles d’impacter l’échéancier.

 

Des groupes de la société civile congolaise et les leaders de l’opposition politique ont dénoncé ce calendrier, jugeant qu’il ne s’agissait là que d’une nouvelle manœuvre dilatoire afin de prolonger la présidence de Kabila. Ils ont appelé au retrait de Kabila avant la fin de l’année 2017 et proposé une brève transition post-Kabila en vue d’organiser des élections crédibles, menée par des personnes qui ne pourraient elles-mêmes pas être candidats.

 

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_ Libertés d’expression et de réunion pacifique

Les forces de sécurité ont tué au moins 62 personnes et arrêté des centaines d’autres individus lors de manifestations qui ont éclaté à travers le pays entre le 19 et le 22 décembre 2016, suite au refus du Président Kabila de quitter le pouvoir à l’issue de son second mandat. En tout, les forces de sécurité ont tué au moins 171 personnes lors de manifestations en 2015 et 2016. Des travaux de recherche réalisés par Human Rights Watch ont montré que, fin 2016, des officiers supérieurs des forces de sécurité congolaises avaient mobilisé au moins 200 anciens combattants rebelles du M23—leur véritable nombre étant sans doute bien plus élevé—depuis les pays voisins que sont l’Ouganda et le Rwanda afin de protéger Kabila et de réprimer des manifestations anti-Kabila, après les avoir intégrés dans des unités de l’armée et de la police congolaises. Des combattants du M23 ont de nouveau été introduits dans le pays entre mai et juillet 2017 afin de les préparer à des « opérations spéciales » de protection du président.

 

Tout au long de 2017, des agents du gouvernement et des forces de sécurité ont systématiquement et à maintes reprises interdit les manifestations de l’opposition, fermé des médias et empêché des dirigeants de l’opposition de se déplacer librement. Ils ont emprisonné plus de 300 dirigeants et partisans de l’opposition, journalistes, défenseurs des droits humains et activistes pro-démocratie, dont la plupart ont par la suite été libérés. Un grand nombre d’entre eux ont été détenus dans des lieux secrets, sans chefs d’inculpation ni d’accès à leurs familles ou à des avocats. D’autres ont été poursuivis en justice sur la base de chefs d’accusation fabriqués de toutes pièces. Beaucoup ont été arrêtés alors qu’ils planifiaient ou venaient de lancer des manifestations pacifiques, ce qui a souvent empêché la tenue de ces manifestations.

 

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Lorsque des manifestations de plus grande ampleur ont été organisées, les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogènes et, dans certains cas, tiré à balles réelles pour disperser les manifestants. Le 30 octobre, les forces de sécurité ont tué cinq personnes, dont un garçon de 11 ans, et en ont blessé 15 autres lors d’une manifestation à Goma. Les forces de sécurité ont tué au moins 90 personnes dans le cadre d’une répression visant les membres de la secte politico-religieuse Bundu dia Kongo (BDK) à Kinshasa et dans la province du Kongo Central entre janvier et mars, ainsi qu’en août. Certains des membres de BDK ont aussi eu recours à la violence, tuant au moins cinq agents de police. En juillet, à Lubumbashi, des hommes armés non identifiés ont tiré sur un juge et ont failli le tuer ; celui-ci refusait de rendre un jugement contre Moïse Katumbi, leader de l’opposition et candidat déclaré à l’élection présidentielle.

 

Les autorités ont empêché des journalistes internationaux et congolais de faire leur travail, notamment en les arrêtant, en leur interdisant l’accès ou en confisquant leur matériel et en supprimant des images. Au moins 40 journalistes ont été détenus en 2017. Le gouvernement a fermé des médias congolais et a périodiquement restreint l’accès aux réseaux sociaux. En août, les autorités ont rétabli le signal de Radio France Internationale (RFI) à Kinshasa après neuf mois de coupure, mais, en juin, elles ont refusé de renouveler l’accréditation de l’envoyée spéciale de RFI en RD Congo et, en août, le visa du correspondant de Reuters.

 

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_ Attaques menées contre des civils par des groupes armés et les forces gouvernementales

Entre août 2016 et septembre 2017, des actes de violence impliquant les forces de sécurité congolaises, des milices soutenues par le gouvernement et des groupes armés locaux ont fait jusqu’à 5 000 morts dans la région du Kasaï, dans le sud du pays. Six cents écoles ont été attaquées ou détruites et 1,4 million de personnes ont été déplacées de leurs foyers, y compris 30 000 réfugiés qui ont fui en Angola. Près de 90 fosses communes ont été découvertes dans la région ; on estime que la majorité d’entre elles contiennent les corps des civils et des militants tués par les forces de sécurité gouvernementales qui ont eu recours à une force excessive contre des membres ou des sympathisants de milices présumés.

 

En mars, deux enquêteurs des Nations Unies—Michael Sharp, de nationalité américaine, et Zaida Catalán, de double nationalité suédoise et chilienne—ont été sommairement exécutés par un groupe d’hommes armés alors qu’ils enquêtaient sur les graves violations des droits humains dans la région du Kasaï. Les conclusions des recherches de Human Rights Watch et d’un rapport de RFI s’orientent vers une responsabilité du gouvernement pour ce double meurtre. Un procès entaché de graves irrégularités contre des suspects dans l’affaire s’est ouvert en RD Congo en juin 2017. Dans la province du Tanganyika, dans le sud-est du pays, plus de 200 personnes ont été tuées, 250 000 autres déplacées, et de nombreux villages et camps de déplacés ont été incendiés lors de violences inter-communautaires entre juillet 2016 et septembre 2017.

 

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Plus de 100 groupes armés restaient actifs dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, dans l’est de la RD Congo, et beaucoup ont continué de s’en prendre aux civils, notamment les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et des groupes alliés Nyatura, les Forces démocratiques alliées (Allied Democratic Forces, ADF), le groupe armé Nduma Défense du Congo-Rénové (NDC-R), les groupes Maï Maï Mazembe, Charles et Yakutumba et plusieurs groupes armés burundais. Bon nombre de leurs commandants ont été impliqués dans des crimes de guerre, y compris des massacres ethniques, des viols, le recrutement forcé d’enfants et des pillages. Une nouvelle coalition de groupes armés au Sud-Kivu connue sous le nom de Coalition nationale du peuple pour la souveraineté du Congo (CNPSC) a eu de multiples affrontements avec l’armée congolaise et a pris le contrôle de plusieurs villages sur les rives du lac Tanganyika. L’objectif déclaré de ce groupe est de renverser le gouvernement de Kabila qui, d’après cette coalition, est illégitime suite au refus de Kabila de se retirer en décembre 2016.

 

Plus de 100 000 personnes ont été déplacées depuis le début des combats en juin et l’armée congolaise aurait arrêté des dizaines de membres de la jeunesse locale soupçonnés d’entretenir des liens avec la coalition. Toujours dans la province du Sud-Kivu, des individus dont on présume qu’il s’agissait de membres des forces de sécurité congolaises ont utilisé une force excessive pour réprimer une manifestation à Kamanyola en septembre, tuant environ 40 réfugiés burundais et en blessant plus de 100 autres. La situation humanitaire en RD Congo s’est considérablement détériorée, marquée par la plus grande crise de déplacement d’Afrique en 2017, par une famine susceptible de frapper 7,7 millions de Congolais et par une épidémie de choléra qui s’est propagée à travers le pays. Entre-temps, le financement humanitaire international a atteint son niveau le plus bas depuis dix ans.

 

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_ Justice et obligation de rendre des comptes

Le 26 juillet, un chef de milice, Ntabo Ntaberi Sheka, s’est constitué prisonnier auprès de la MONUSCO, la mission de maintien de la paix de l’ONU dans le pays, qui l’a ensuite remis entre les mains de responsables du système judiciaire congolais. Sheka, impliqué dans de nombreuses atrocités commises dans l’est de la RD Congo, était l’objet d’un mandat d’arrêt de la justice congolaise depuis 2011 pour crimes contre l’humanité pour viols massifs. Son procès n’avait pas encore commencé au moment de la rédaction des présentes. Les autorités ont continué de détenir en résidence surveillée le chef de guerre Gédéon Kyungu Mutanga, qui s’est rendu en octobre 2016, et ce, au lieu de le transférer vers une prison pour qu’il y purge le reste de sa peine pour crimes contre l’humanité prononcée en 2009.

 

Sylvestre Mudacumura, le commandant militaire du groupe armé des FDLR, est toujours en liberté. La Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d’arrêt à son encontre en 2012 pour différents chefs, à savoir attaque contre la population civile, meurtre, mutilation, traitement cruel, viol, torture, destruction de biens, pillage et atteinte à la dignité de la personne, crimes qu’il aurait commis dans l’est de la RD Congo en 2009 et 2010. Le procès de Bosco Ntaganda devant la CPI se poursuit ; il est inculpé de 13 chefs de crimes de guerre et de cinq chefs de crimes contre l’humanité qu’il aurait commis en 2002 et 2003 en Ituri, province du nord-est de la RD Congo.

 

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_ Principaux acteurs internationaux

Le 29 mai, l’Union européenne a annoncé l’imposition de sanctions ciblées à l’encontre de huit hauts responsables de la sécurité et du gouvernement congolais et d’un chef de milice impliqués depuis longtemps dans de graves abus en RD Congo. Le 1er juin, les États-Unis ont prononcé des sanctions ciblées à l’encontre du général François Olenga, chef d’état-major personnel du Président Kabila, ainsi que d’un complexe touristique en périphérie de Kinshasa, propriété du général Olenga. Les sanctions consistent en des interdictions de voyager, des gels d’avoirs et une interdiction de mettre des fonds ou des ressources économiques à la disposition des personnes et de l’entité inscrites sur la liste, ou de se livrer à des transactions avec elles.

 

En juin, l’ancien Secrétaire général de l’ONU Kofi Annan et neuf anciens présidents d’États africains ont lancé un « appel urgent » à Kabila et aux autres dirigeants congolais en faveur d’une transition pacifique et démocratique. Ils ont mis en garde contre le « grave danger » qui menace l’avenir du pays. Toujours en juin, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a autorisé l’ouverture d’une enquête internationale sur les violences commises dans la région du Kasaï. En septembre, le Conseil a également décidé de continuer à surveiller de près la situation qui règne dans le pays pendant encore une année, et de renforcer cette surveillance, y compris dans le contexte du processus électoral.

 

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(Vidéo) Au moins 62 personnes ont été tuées en RDC, et des centaines d’autres ont été arrêtées, lors de la répression brutale de manifestations en décembre 2016, suite au refus du président Kabila de quitter le pouvoir à l’issue de son deuxième mandat. Cette répression a été menée par les forces de sécurité congolaises ainsi que par des combattants du M23 recrutés en Ouganda et au Rwanda.

 

RAPPORT MONDIAL 2018/ Événements de 2017/ /

 

https://www.hrw.org/fr/world-report/2018/country-chapters/312963

 

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3 – RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO : Economie, perspectives économique et sociale

 

_ POPULATION : 84,1 MILLIONS

 

_ PIB PAR HABITANT : 467 $US

 

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_ PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES

2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 6,9 2,4 2,8 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,0 18,2 49,8 44,0
Solde public / PIB (%) 0,9 0,1 -0,3 0,6
Solde courant / PIB (%) -3,9 -3,4 -4,6 -2,1
Dette publique / PIB (%) 16,1 16,8 17,0 15,8

(p) : prévision

 

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_ POINTS FORTS

. Ressources minérales abondantes (cuivre, cobalt, diamant, or, étain)

. Important potentiel hydroélectrique

. Mobilisation internationale et coopération régionale pour résoudre les conflits dans la région des grands lacs

. Annulation de la dette dans le cadre des initiatives PPTE et ADM

 

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_ POINTS FAIBLES

. Tensions dans l’Est du pays avec la récurrence des rébellions

. Crise politique suite à la décision de la Cour Suprême de repousser les élections présidentielles et l’absence de volonté politique de les organiser

. Très forte dépendance aux cours des matières premières

. Faiblesse des infrastructures (transports, énergie, télécommunications) et déficit de gouvernance

. Niveau de pauvreté élevé

 

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_ APPRÉCIATION DU RISQUE

 

_ UNE CROISSANCE FRAGILE AU SEIN D’UNE ÉCONOMIE PEU DIVERSIFIÉE

La chute des cours des matières premières en 2016 a réduit la croissance du pays. L’activité reste principalement dépendante des prix du cobalt et du cuivre, ainsi que des évolutions politiques et sécuritaires. La production de cuivre a augmenté de 9,3 % les neuf premiers mois de 2017, alors que celle du cobalt a crû de 18 % en tirant partie du cours très favorable sur les marchés internationaux.

 

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(DR Congo : It’s cobalt’s time to shine)

 

La forte croissance de la demande mondiale de ce dernier, utilisé pour la production de batteries, serait un moteur de croissance, modérée, en 2018. Le démarrage du Plan National Stratégique de Développement (PNSD) pourrait avoir lieu en 2018 (s’il n’y a pas de blocage politique). Dans ce cadre, un accord a été trouvé avec des entreprises chinoises pour le financement d’infrastructures routières pour un coût de 3 milliards de dollars, ainsi que des infrastructures électriques d’une valeur de 660 millions de dollars dans le but de réduire le déficit énergétique, notamment vis-à-vis du voisin zambien. De plus, l’accord d’exploitation entre la Société Nationale d’Électricité et la plus grande entreprise sud-africaine d’électricité va permettre une plus grande production de cuivre, secteur le plus énergivore du pays. Selon le gouvernement, une plus grande offre d’électricité permettra d’augmenter la production actuelle de cuivre de 20 % à terme.

 

Par ailleurs, la forte inflation, accompagnée d’une dépréciation importante du franc congolais (l’ensemble des biens manufacturés, ainsi que la majorité des denrées alimentaires sont importés), exerceront une forte pression sur le pouvoir d’achat des ménages congolais et, donc, une baisse de la consommation privée (74,8 % du PIB en 2015) est attendue en 2018. Afin de diminuer cette forte pression sur le pouvoir d’achat des ménages, la banque centrale a relevé ces taux directeurs de 7 à 14 % en janvier 2017, puis à 20 % en juin. C’est encore très loin du taux d’inflation.

 

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_ RETOUR AU LÉGER EXCÉDENT BUDGÉTAIRE ET RÉDUCTION DU DÉFICIT COURANT

Le solde budgétaire devrait redevenir légèrement excédentaire en 2018. Les dépenses publiques sont majoritairement (52 %) affectées à la rémunération du personnel. Le respect du budget dépend principalement des frais de fonctionnement (28 % des dépenses), qui ont dépassé les prévisions budgétaires de 152 points de pourcentage en 2016 et de 52 points sur les neuf premiers mois de 2017. Suite à la décision du président J. Kabila de se maintenir au pouvoir, les dons étrangers pourraient diminuer en raison des sanctions potentielles. Cependant, la dette publique, considérablement réduite grâce à son allègement de 83 % en 2010 dans le cadre de l’initiative PPTE du FMI, reste viable et devrait diminuer en 2018.

 

Le déficit courant devrait baisser en 2018 en raison d’une augmentation des exportations, favorisée par la reprise des cours des matières premières et une croissance de la demande de cobalt. En même temps, les importations devraient diminuer, le pays ne disposant plus du moyen de les financer. Déjà, les revenus des ports congolais, principaux points d’entrée des marchandises ont chuté en 2017. C’est ainsi que les recettes du port de Goma sont passées de 186 millions de francs congolais en 2016 à 99 millions en 2017.

 

La banque centrale ne dispose que de trois semaines d’importations en réserves de change, suite à des cessions de devises ayant pour but de freiner la dépréciation du franc congolais. Dans ce contexte, les sources de financement externe, principalement composées d’IDE et de dons devraient continuer à diminuer.

 

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_ LE REPORT DE L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE ACCENTUE LES TROUBLES

La décision de la Cour Suprême de reporter l’élection présidentielle, initialement prévue en décembre 2016, a permis au président Joseph Kabila (au pouvoir depuis 2001, depuis la mort de son père) de maintenir sa mainmise sur le pouvoir. L’accord de la Saint-Sylvestre entre J. Kabila et l’opposition pour une passation de pouvoir pacifique et l’organisation d’un scrutin électoral avant fin 2017 n’a pas été respecté. En avril 2017, le président a nommé un nouveau premier ministre, Bruno Tshibala, figure mineure de l’opposition.

 

La Commission électorale (CENI) a publié le 5 novembre 2017 un calendrier fixant la date de la présidentielle au 23 décembre 2018, permettant ainsi au président de se maintenir jusqu’en 2019. Selon le régime, le manque de moyens financiers, ainsi que l’impossibilité d’organiser un scrutin au sein de certaines régions (en raison de violences) justifient cette décision. En effet, les élections devraient coûter plus de 500 millions d’euros, alors que les financements étrangers de la CENI sont très en deçà des attentes. Les principaux candidats de l’opposition ont refusé ce calendrier et Moise Katumbi, candidat exilé en Belgique, a prévu un retour à Kinshasa avant 2018.

 

Les troubles se sont particulièrement cristallisés dans la région du Kasai, au sud, où l’insurrection anti-Kabila depuis août 2016 a fait plus de 5 000 morts et 1,5 million de déplacés (dont la moitié est revenue suite à une relative accalmie fin 2017). L’année 2017 a été le théâtre de plusieurs attaques contre la mission de l’ONU en RDC (MONUSCO) qui ont vu la mort de plusieurs casques bleus chargés de la protection des civils. Avec un effectif de 18000 personnes et un coût annuel d’un 1 milliard de dollars, la MONUSCO est la plus grande mission de l’ONU. L’incertitude politique, la corruption et les faibles performances en matière de gouvernance conduisent à un climat des affaires extrêmement dégradé (١٨٢e sur 190 pays dans le classement Doing Business 2018).

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018/

 

http://www.coface.com/fr/Etudes-economiques-et-risque-pays/Congo-Republique-democratique-du

 

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(Proposed/ Kinshasa International Airport of Democratic Republic of the Congo)

 

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