Microfinance : évolutions du secteur, diversification de produits et gouvernance
7 mars 2019  >  By:   >  A LA UNE, ECONOMIE MONDE, FINANCES ET AFFAIRES  >  No Comment   //   338 Views

 

« En Afrique de l’Ouest, les réseaux de microfinance regroupent leurs forces : Six réseaux ouest-africains de microcrédit lancent un établissement de crédit sous-régional, la Financière de l’Afrique de l’Ouest, qui leur permettra de s’affranchir de la dépendance des banques commerciales. En 2016, l’épargne collectée par ces six institutions a franchi le cap de 400 milliards de F CFA, contre quelque 300 milliards de F CFA de crédits octroyés. L’excédent de ressources ainsi dégagé, soit 100 milliards de F CFA, sera mis à disposition de la Finao pour une intermédiation directe au profit de ses fondateurs et des institutions de microfinance de la sous-région. »

 

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1 – Microfinance : la concurrence s’accroît en Afrique de l’Ouest

 

Baobab, Cofina, Amifa… La concurrence s’accroît en Afrique de l’Ouest pour des acteurs qui devront choisir entre conserver leur vocation sociale et offrir d’importants retours sur investissement. Ce 30 novembre, Microcred opère son rebranding et devient officiellement Baobab sur le marché très concurrentiel de la microfinance au Burkina Faso. Cette nouvelle identité, décidée au mois d’octobre, doit s’étendre progressivement à l’ensemble des filiales, confirme l’appétit du groupe français pour un secteur dont le chiffre d’affaires en Afrique de l’Ouest est estimé à plus de 1 262,2 milliards de F CFA (1,9 milliard d’euros). Mais elle s’inscrit surtout dans une offensive plus large. « Nous souhaitons nous transformer en banque digitale dans les trois prochaines années », confie Nicolas Dehoorne, directeur général de Microcred Burkina (plus de 15 milliards de F CFA d’actifs en 2017).

 

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_ Une gamme de produits élargie

Dès à présent, sa gamme de produits « va au-delà du crédit et de l’épargne aux microentrepreneurs, avec un éventail beaucoup plus large de clients », détaille pour sa part Marion Ivars, directrice commerciale du groupe. Arrivé au Pays des hommes intègres en 2016, Microcred s’est rapidement hissé dans le peloton de tête d’un secteur largement dominé par le Réseau des caisses populaires du Burkina (70 % de part de marché), suivi de loin par l’Alliance de crédit et d’épargne pour la production (ACEP) et par Première agence de microfinance (PAMF).

 

Depuis 2014, le groupe a lancé son réseau d’agents à l’assaut du Sénégal, de Madagascar et, plus récemment, de la Côte d’Ivoire. Ils sont aujourd’hui un millier de commerçants sous contrat. Avec plus de 750 000 clients répartis sur dix marchés, l’entreprise fondée en 2005 connaît une croissance rapide en Afrique. « En 2017, nous avons octroyé près de 850 millions d’euros de crédits afin de soutenir le développement des petites et très petites entreprises en Afrique et en Chine. Notre portefeuille de prêts s’élève à plus de 551 millions d’euros, et nous avons également constaté une augmentation des dépôts de la clientèle, à près de 195 millions d’euros », se félicite Marion Ivars.

 

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_ La digitalisation des offres est désormais incontournable

Grâce à une maîtrise des créances douteuses avec un portefeuille à risque à trente jours (PAR 30) établi à 2,2 % à la fin de décembre 2017, conjuguée à une excellente performance dans le secteur, Baobab mise sur la diversification de ses produits et sur l’innovation pour percer sur de nouveaux segments de marché. Car la digitalisation des offres est désormais incontournable, « 21 % des crédits ayant été accordés par le biais du téléphone mobile en 2017 », précise Marion Ivars. Selon les estimations du secteur, le marché des smartphones et des tablettes va doubler en Afrique subsaharienne au cours des cinq prochaines années, pour passer de 400 à 800 millions d’utilisateurs.

 

L’objectif du groupe est bien sûr de capter cette croissance, d’autant plus que 40 % des clients bancaires africains interrogés préfèrent utiliser les canaux numériques pour les transactions. « Internet mobile continue de croître rapidement en Afrique. Selon le cabinet GSMA, la pénétration du smartphone passera de 20 % en 2015 à près de 60 % en 2020. Aujourd’hui, dans les capitales, elle est déjà supérieure à 80 % », rappelle Marion Ivars. Reste que le groupe français préfère se concentrer sur le financement des PME plutôt que des particuliers. « Pour apporter de la valeur ajoutée, nous nous spécialisons dans le financement des microentreprises, segment non couvert par les banques commerciales », explique Nicolas Dehoorne.

 

Le potentiel du marché ouest-africain de la microfinance (plus de 1 200 milliards de F CFA d’actifs, selon la Banque centrale) est tel qu’il suscite la convoitise des grands groupes internationaux. Parmi eux, Cofina, qui prospecte le marché burkinabè de la microfinance, jusqu’ici véritable chasse gardée du Réseau des caisses populairesAvec 1 000 collaborateurs, le groupe ivoirien revendique 100 000 clients.

 

En 2017, il a atteint 96 milliards de F CFA de total de bilan, soit un peu moins que l’objectif affiché de 100 milliards de F CFA, pour un encours de crédits de 71 milliards, contre 64 milliards engrangés au titre des dépôts. Disposant de 78 points de vente, le groupe ivoirien évalue l’ensemble de ses opérations à plus de 200 milliards de F CFA. D’autres encore comme Atlantic Microfinance for Africa (Amifa), holding du groupe marocain Banque centrale populaire (BCP), qui a ouvert au Sénégal sa quatrième filiale consacrée à la microfinance sur le continent, frappe également à la porte du pays.

 

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_ Hausse de la concurrence

Mais ce secteur, où évoluent traditionnellement des acteurs locaux sous forme coopérative ou mutualiste, est aussi convoité par d’autres compétiteurs. Pour s’adapter à la nouvelle donne du marché, six réseaux ouest-africains de microcrédit, dont le Réseau des caisses populaires au Burkina, Kafo Jiginew et Nyèsigiso au Mali ou encore Pamecas au Sénégal, ont lancé en juillet 2018 les activités de la Financière de l’Afrique de l’Ouest (Finao).

 

N’agissant pas comme une banque de détail, la Finao, implantée à Dakar, a démarré avec 4,5 millions de clients et 800 points de vente. En 2016, l’épargne collectée par ces six institutions s’était établie à 400 milliards de F CFA, contre quelque 300 milliards de F CFA de crédits octroyés. L’excédent de ressources ainsi dégagé, soit 100 milliards de F CFA, a été mis à disposition de la Finao pour une intermédiation directe au profit de ses fondateurs et des institutions de microfinance de la sous-région.

 

Fin connaisseur de la microfinance en Afrique de l’Ouest, Alpha Ouédraogo voit d’un bon œil l’arrivée de ces nouveaux acteurs. « Le marché est tel que ni les banques ni les systèmes financiers décentralisés (appellation du secteur par la BCEAO) ne peuvent répondre aux besoins de financement des populations. Il y a donc de la place pour plusieurs acteurs, mais l’évolution actuelle va imposer des alliances », précise l’ancien patron du Réseau des caisses populaires du Burkina et de la Confédération des institutions financières en Afrique de l’Ouest (CIF-AO).

 

Avertissant toutefois que le secteur ne saurait devenir un « gisement minier », une sorte de vache à lait pour les sociétés à capitaux au détriment de sa fonction sociale, il regrette que « la plupart des investisseurs dans la microfinance demandent des retours sur investissement de l’ordre de 20 % à 30 % ». Engagé dans une véritable bataille de marché, Baobab confirme engranger des gains de l’ordre de 30 % sur fonds propres pour ses filiales africaines les plus rentables.

 

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_ Une PME sur deux n’a pas accès au crédit

En Afrique, environ 480 millions de personnes sont exclues du système bancaire. 71 % de la population adulte de l’Afrique subsaharienne ne dispose pas de compte auprès d’une institution financière formelle (banques traditionnelles, IMF, coopératives). Sur l’ensemble du continent, 53 % des microentreprises et des PME (35 millions) ont peu ou pas accès aux services de crédit.

 

Alors qu’une grande partie du marché bancaire mondial enregistre une croissance atone ces dernières années, le secteur bancaire africain a connu une expansion importante et devrait maintenir cette tendance positive dans un avenir proche. Aujourd’hui estimé à environ 86 milliards de dollars, il devrait augmenter à 129 milliards de dollars d’ici à 2022.

 

RÉSERVÉ AUX ABONNÉS/ 30 novembre 2018/ Par Nadoun COULIBALY – à Ouagadougou

 

https://www.jeuneafrique.com/mag/645932/economie/microfinance-la-concurrence-saccroit-en-afrique-de-louest/

 

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2 – En Afrique de l’Ouest, les réseaux de microfinance regroupent leurs forces

Six réseaux ouest-africains de microcrédit lancent un établissement de crédit sous-régional, la Financière de l’Afrique de l’Ouest, qui leur permettra de s’affranchir de la dépendance des banques commerciales. Six réseaux ouest-africains de microcrédit (Réseau des Caisses populaires du Burkina, Kafo Jiginew et Nyèsigiso au Mali ou encore Pamecas au Sénégal) préparent le lancement d’ici à juillet des activités d’un établissement de crédit qui a vocation à devenir une banque sous-régionale. N’agissant pas comme une banque de détail, la Financière de l’Afrique de l’Ouest (Finao), implantée à Dakar, va démarrer avec 4,5 millions de clients et 800 points de vente, selon les informations de Jeune Afrique.

 

En 2016, l’épargne collectée par ces six institutions a franchi le cap de 400 milliards de F CFA, contre quelque 300 milliards de F CFA de crédits octroyés. L’excédent de ressources ainsi dégagé, soit 100 milliards de F CFA, sera mis à disposition de la Finao pour une intermédiation directe au profit de ses fondateurs et des institutions de microfinance de la sous-région.

 

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_ Ressources pérennes et moins coûteuses

« L’agrément confère à Finao la possibilité d’opérer sur deux segments : les prêts et les paiements. Il s’agit de répondre aux besoins des membres en ressources longues et de compléter la gamme des services au profit de nos membres », explique Daouda Sawadogo, directeur général de la Faîtière des Caisses populaires du Burkina, l’actionnaire majoritaire du futur établissement. Son capital initial, 5 milliards de F CFA, est apporté par ce dernier (47 %), par le suisse Éléphant vert (45 %), actif dans l’agriculture bio, et les 8 % restants par la Confédération des institutions financières de l’Afrique de l’Ouest. L’établissement entend favoriser une intermédiation directe entre les institutions financières décentralisées de la sous-région et diversifier l’offre de services.

 

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_ Un taux de 5,5 % pour les opérations de court terme

Le nouvel établissement prévoit d’offrir son concours à un taux de 5,5 % pour des opérations de courte échéance (moins de deux ans), 7,5 % pour les maturités comprises entre trois à cinq ans. Une offre nettement plus intéressante comparée aux conditions actuelles, où les taux proposés par les banques commerciales varient entre 8 % et 12 % pour le court terme. Pour le moyen terme, les interventions sont faibles voire quasi inexistantes. L’établissement va également lever des ressources auprès de partenaires.

 

« Finao va non seulement offrir aux réseaux membres des ressources à moyen et long terme, qu’ils ont du mal à avoir sur le marché. Mais nous espérons aussi baisser le coût du crédit pour les clients des systèmes financiers décentralisés en Afrique de l’Ouest », a indiqué le Togolais Éric Ekué, spécialiste de la microfinance. Finao va faciliter l’accès des institutions de microfinance à des ressources à terme et à des systèmes modernes de paiement à des conditions avantageuses. « Les promoteurs de Finao affichent l’ambition de concourir activement à l’accélération de l’inclusion financière », conclut-il.

 

RÉSERVÉ AUX ABONNÉS/ 03 mai 2018/ Par Jeune Afrique – à Ouagadougou

 

https://www.jeuneafrique.com/mag/553160/economie/en-afrique-de-louest-les-reseaux-de-microfinance-regroupent-leurs-forces/

 

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3 – Première Agence de Microfinance Cote d’Ivoire : Des financements pour les micro-entrepreneurs et les agriculteurs des zones mal desservies

 

Première Agence de Microfinance Côte d’Ivoire (PAMF Côte d’Ivoire) est une institution de microfinance agréée (IMF), qui fournit divers services financiers à plus de 13 000 micro-entrepreneurs et petits exploitants agricoles dans le nord et le centre de la Côte d’Ivoire. PAMF Côte d’Ivoire a été créée en 2008 et est l’un des membres les plus récents de l’Agence Aga Khan pour la Microfinance (AKAM), qui fait partie partie du Réseau Aga Khan de Développement (AKDN). AKAM se concentre sur la région du nord de la Côte d’Ivoire qui est mal desservie et souffre depuis longtemps.

 

PAMF Côte d’Ivoire est le dernier des membres AKAM qui se sont associés avec Oikocredit dans des pays tels que le Burkina Faso, le Tadjikistan et le Kirghizistan. Ce nouveau partenariat soutiendra le développement agricole en Afrique. Malgré sa création relativement récente, PAMF Côte d’Ivoire a été en mesure d’accroître sa part de marché de manière significative dans les régions du nord, avec un intérêt particulier pour les producteurs de céréales. Première Agence de MicroFinance Côte d’Ivoire est partenaire d’Oikocredit depuis 2016.

 

https://wa.oikocredit.coop/fr/partner-details/50748/premiere-agence-de-microfinance-cote-d-ivoire

 

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4 – Microfinance : évolutions du secteur, diversification de produits et gouvernance

 

E n moins de trente ans, le secteur de la microfinance a connu un développement sans précédent. À l’origine, ce fut pour l’essentiel un mouvement relevant de ce qu’on appelle aujourd’hui la « société civile ». Dans certains pays, cela se fit au travers d’ONG (on peut penser aux cas historiques que sont le Bangladesh ou la Bolivie), dans d’autres, au travers de coopératives (on peut mentionner le cas des grands réseaux d’Afrique de l’Ouest, tel celui du réseau des caisses populaires du Burkina Faso), parfois même – mais ce fut plus rare – au travers de la restructuration d’organisations existantes (on peut ici penser au cas de la Banque Rakyat Indonesia, une banque d’État à pratiques commerciales en Indonésie).

 

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(BRI Microfinance Center | BRI Microfinance)

 

Dans tous les cas, la logique fondamentale était la même : dans tous les pays, des personnes vulnérables cherchaient à développer des activités génératrices de revenus, elles avaient des projets sérieux mais n’avaient le plus souvent accès qu’aux sources de financement informelles, ce qui limitait fortement leurs possibilités ; les banques commerciales ne s’intéressaient pas à elles. Pour lutter contre cette exclusion, diverses institutions d’épargne et de crédit furent mises en place. Elles avaient pour but de fournir à ces personnes des services financiers dignes de ce nom.

 

Ce qui fut au départ une combinaison d’initiatives isolées s’est transformé en un véritable secteur extrêmement diversifié qui s’intègre à la fois aux politiques de développement et au secteur financier dans son ensemble. Ainsi, en ne considérant que les organisations qui se sont associées à la « Microcredit Summit Campaign », il y aurait aujourd’hui plus de 150 millions de personnes dans le monde qui bénéficieraient des services microfinanciers de plus de 3 000 institutions de microfinance (IMF). C’est à la fois beaucoup (près de 8 fois plus qu’il y a dix ans) et peu, si l’on considère qu’il y a encore aujourd’hui de très nombreuses personnes qui n’ont accès à aucun service financier institutionnalisé. Dans le même temps, de nombreuses évolutions sont intervenues en trente ans. Il est évidemment difficile de prétendre tout résumer en quelques mots, mais il nous semble que l’on peut au moins mentionner cinq grandes tendances.

 

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Premièrement, une évolution dans les méthodologies utilisées. En effet, si à l’origine c’est l’octroi de crédit au travers de groupes solidaires le plus souvent centrés sur les femmes qui fut dominant, aujourd’hui, à l’inverse, ce sont diverses méthodologies de crédit individuel qui semblent retenir l’attention, la focalisation sur les femmes étant quant à elle mieux appréhendée.

 

Deuxièmement, une évolution dans les produits offerts. Dans ce domaine, si le crédit a toujours retenu l’essentiel de l’attention, il faut cependant constater que d’une focalisation quasi exclusive sur le microcrédit, on est passé à une vision plus ample – caractérisée par le terme microfinance – qui souligne que les personnes concernées ont aussi besoin d’autres services financiers, notamment en matière d’épargne, de possibilités de virement, voire même en matière d’assurances.

 

Troisièmement, un accroissement de la diversité des acteurs. Aux ONG et coopératives de départ se sont ajoutées d’autres institutions. Dans ce domaine, l’évolution la plus forte a sans l’ombre d’un doute été de voir la microfinance de plus en plus exercée par des institutions régulées et supervisées par les instances de supervision bancaire et financière. Concomitamment, on a assisté à la transformation d’ONG en institutions financières et à l’accroissement du rôle des banques dans le secteur.

 

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Quatrièmement, une modification de l’environnement économique et politique. À l’origine, la majorité des institutions de microfinance étaient en situation de quasi-monopole et confrontées à des instances administratives et politiques au mieux indifférentes, au pire hostiles. Aujourd’hui, les situations de mise en concurrence tendent à augmenter et les autorités publiques sont très souvent à la recherche de politiques proactives visant à dynamiser le secteur.

 

Cinquièmement, une modification des enjeux financiers fondamentaux. À l’origine, la microfinance se devait de faire la démonstration de sa capacité à couvrir ses coûts. Aujourd’hui, même si de nombreuses organisations ne doivent leur survie qu’aux subsides qu’elles reçoivent, on peut considérer que le secteur en tant que tel a démontré sa maîtrise d’un ensemble de processus susceptibles d’assurer sa pérennité. Certaines organisations génèrent même des profits importants. L’enjeu a donc changé et la question fondamentale est à présent de savoir comment faire pour que la valeur créée par certaines IMF ne soit pas accaparée par une seule catégorie de stakeholders (à savoir le plus souvent les actionnaires), mais bénéficie aussi aux autres catégories, notamment au travers de salaires décents pour le personnel des IMF et de baisses de taux d’intérêt pour les clients.

 

Chandra Shekhar Ghosh, fondateur de Bandhan Financial Services, à Calcutta le 5 mai 2014

(Inde : un spécialiste de la microfinance veut démocratiser la banque/ Chandra Shekhar Ghosh, fondateur de Bandhan Financial Services)

 

Tenant compte de ces évolutions importantes, on peut considérer que la microfinance a vécu un premier cycle et que le secteur va probablement connaître diverses formes de consolidation dans les années à venir. Dans un tel contexte, une bonne compréhension des grandes tendances en matière de bancarisation du secteur et d’offre de nouveaux services et une analyse approfondie des enjeux en termes de gouvernance pour tous les types d’acteurs semblent essentielles. En effet, pour beaucoup d’observateurs, le développement spectaculaire du secteur, s’il a été à la base de nombreux acquis, s’est aussi fait à un rythme tel que la gouvernance de nombreuses institutions mériterait d’être renforcée.

 

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Le présent numéro s’inscrit dans cette logique. La compréhension du développement de certains marchés ainsi que la tendance à une approche de plus en plus commerciale de la microfinance, induite notamment par les stratégies d’upscaling et de downscaling, est tout d’abord étudiée (Armendariz et Vanroose ; Rosengard). Ensuite, une transition vers une pluralité de réflexions en matière de gouvernance est proposée (Nsabimana ; Urgeghe ; Périlleux ; Doligez ; Wélé), le numéro se terminant par deux articles consacrés à l’émergence de nouveaux produits/services (Rossel-Cambier ; Sukadi Mata).

 

 

https://www.cairn.info/revue-reflets-et-perspectives-de-la-vie-economique-2009-3-page-5.htm#

 

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(Repco Micro Finance Limitedrepcomicrofin.co.in)

 

5 – Inde : un spécialiste de la microfinance veut démocratiser la banque

Chandra Shekhar Ghosh est un homme pressé depuis qu’il a décroché au nez et à la barbe des grands noms de la finance indienne une licence bancaire pour sa société de micro-crédit. Le fondateur de Bandhan Financial Services dispose de 18 mois pour transformer sa société de micro-finance en banque ouverte aux millions de «pauvres dépourvus de banques», selon les termes de sa licence. «Pour une société de microfinance, obtenir une licence bancaire est comme atteindre le Saint-Graal», déclare Gosh à l’AFP. La banque centrale indienne (RBI) a crée la surprise le mois dernier en octroyant ses première licences bancaires depuis dix ans à un spécialiste du micro-crédit basé à Kolkata (ex Calcutta), écartant des poids lourds de l’économie indienne comme le milliardaire Anil Ambani.

 

La seconde licence a été accordée au plus important groupe de financement d’infrastructures IDFC. Le gouverneur de la RBI, Raghuram Rajan, a pris cette décision pour développer l’accès à l’épargne et à l’emprunt dans les zones rurales pauvres, en particulier auprès d’agriculteurs et de PME. Seulement 35% des adultes en Inde disposent d’un compte bancaire, un taux jugé «pathétique» par la RBI. Ghosh entend ouvrir quelque 700 agences dans 22 Etats et vise au moins 10 millions d’ouvertures de comptes dans un premier temps. Selon les conditions de la licence, une agence sur quatre devra être située dans des villes de moins de 10.000 habitants. Mais Ghosh entend aller plus loin et installer 80% de ses agences en zone rurale même si des agences seront aussi implantées dans des grandes villes pour renforcer la notoriété de sa société.

 

Chandra Shekhar Ghosh, fondateur de Bandhan Financial Services, à Calcutta le 5 mai 2014

 

_ Débuts modestes

A 53 ans, Ghosh a multiplié les expériences depuis son premier emploi aux côtés de son père dans un magasin de confiseries. Il obtient un diplôme de statistiques puis travaille pour plusieurs ONG où il découvre les pratiques usurières dont sont victimes les pauvres. Il décide alors de créer en 2001 une petite société de prêt avec 200.000 roupies (2.400 euros) et deux employés.

 

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Il commence par emprunter de l’argent à des amis pour le prêter à ses clients mais change de dimension quand un organisme public, la Small Industries Development Bank of India, investit dans sa société. Bandhan prend son essor et devient le premier groupe indien de microcrédit, d’abord centré sur le nord-est du pays avant de se développer dans tout le pays. «Je ne suis pas un économiste ni un banquier. J’apprends de mes clients», assure-t-il.

 

Ghosh a recruté parmi les pauvres pour gérer ses agences, estimant qu’eux seuls «comprenaient la pauvreté» et pouvaient identifier les gens vraiment dans le besoin. Avec une licence bancaire, une partie de son personnel va devoir se former à des produits plus sophistiqués. Seulement 3/5 de son personnel a le niveau bac. «Avoir un diplôme n’a jamais été le plus important pour travailler chez nous», dit Ghosh.

 

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The team at AYE Capital/ INDIA

 

_ Retour en grâce de la microfinance

Devenir une banque va lui permettre de prêter de meilleurs taux. En tant qu’acteur de la micro-finance, Bandhan devait emprunter à d’autres organisations financières, ce qui l’obligeait à afficher des taux allant jusqu’à 22%. Bandhan pourra désormais compter sur ses propres ressources grâce aux dépôts de ses clients. «C’est un cercle vertueux, nous pourrons prêter à des taux plus bas», ajoute-t-il.

 

Ghosh va s’appuyer sur ses 5,2 millions d’emprunteurs pour constituer sa base de clients. Il a un portefeuille de prêts de 57 milliards de roupies et 12.961 employés dans plus de 2.100 agences. «Si deux membres de chaque famille de notre portefeuille de clients ouvrent un compte, nous atteindrons automatiquement 10 millions de comptes», relève-t-il. L’octroi d’une licence à Bandhan signifie aussi le retour en grâce de la microfinance en Inde deux ans après que les pratiques présumées d’un autre groupe de microcrédit, SKS pour recouvrer ses fonds eurent conduit des agriculteurs au suicide et mis en danger le secteur.

 

© 2014 AFP/ Publié le 09/05/14 / Mis à jour le 09/05/14 /

 

https://www.20minutes.fr/economie/1371357-20140509-20140509-inde-specialiste-microfinance-veut-democratiser-banque

 

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