ECONOMIE/ GLOBALISATION : nouvelles fragilités de la mondialisation (ou lorsque les règles établies n’arrangent plus…)
15 août 2018  >  By:   >  ECONOMIE MONDE, FINANCES ET AFFAIRES, INFORMATIONS GENERALES, STRATEGIES  >  No Comment   //   483 Views

 

« La démondialisation est-elle en marche ?

Pour Steve Ohana, la guerre commerciale engagée par Trump ouvre une nouvelle séquence historique en annonçant le processus de la démondialisation. Il en prévoit les conséquences économiques et politiques. La guerre commerciale qui oppose Trump à l’UE, au Canada, au Mexique et à la Chine n’a pas inquiété beaucoup d’experts à ses débuts. Les volumes d’importation sur lesquels ont porté les premières hausses de tarifs étaient en effet marginaux au regard des flux commerciaux mondiaux: quelques milliards sur les plus de 1000 milliards de produits importés chaque année par les États-Unis. Mais, depuis quelques semaines, les volumes changent d’échelle… »

 

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1 – Les États-Unis ne pourront pas gagner la guerre commerciale contre la Chine

 

À l’instar des nombreuses guerres ingagnables (Afghanistan, Irak, Libye, Syrie) lancées par les deux présidents américains précédents, la guerre que le président Trump a voulu lancer contre la Chine est également ingagnable. Non seulement parce que la Chine est un adversaire formidable et a la capacité de riposter massivement, mais aussi parce que la Chine elle-même est un trop grand marché pour les entreprises américaines et qu’elle peut nuire aux États-Unis sans avoir besoin d’imposer de nouvelles barrières douanières.

 

Alors qu’à la fin 2017, l’investissement américain en Chine s’élevait à 14 milliards de dollars US contre 29 milliards de dollars d’investissements chinois aux États-Unis, en termes d’actions en bourse, les entreprises américaines ont « historiquement beaucoup plus d’investissements » en Chine, estimés à environ 256 milliards de dollars US, que les entreprises chinoises n’en ont aux États-Unis, selon un rapport du National Committee on United States-China Relations and Rhodium Group, publié en avril dernier.

 

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La Chine importait pour quelque 140 milliards de dollars US de produits américains l’année dernière, et elle n’aura aucun scrupule à mettre des obstacles sur le chemin de chaque entreprise américaine, y compris General Motors qui a vendu en Chine plus que d’autres entreprises automobiles y opérant comme Honda, BMW et Mercedes Benz.

 

S’il ne fait aucun doute que, comme les diverses annonces du président américain nous le disent, même si les États-Unis peuvent nuire aux intérêts chinois pour une valeur de 450 milliards de dollars américains, un certain nombre d’entreprises américaines opérant en Chine commenceraient également à faire face à une crise qui, si le passé est un guide pour l’avenir, pourrait éventuellement mettre un terme à cette guerre commerciale.

 

Par exemple, en 2016, lorsque les Philippines ont décidé de porter le cas des îles de la mer de Chine du Sud à La Haye pour arbitrage, la Chine a riposté de manière inattendue en émettant simplement un avis de non-conformité sur les bananes philippines, disant qu’ils avaient détecté un ravageur appelé Dysmicoccus neobrevipes dans un envoi à Shenzhen, un point d’entrée majeur pour les bananes philippines en Chine.

 

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Les Philippines avaient exporté près de 450 000 tonnes de bananes vers la Chine en 2016 pour une valeur de 157,5 millions de dollars américains. Après l’incident, la Chine a détruit 35 tonnes de bananes et suspendu 27 exportateurs. Un tel incident s’est également produit en 2012 lorsqu’une dispute s’est déclenchée entre la Chine et les Philippines au sujet des récifs de Scarborough.

 

Cette dispute a commencé le 8 avril lorsque les Philippines ont envoyé leur marine pour affronter les navires chinois pêchant dans la région, forçant la Chine à prendre des mesures contre ses importations de fruits en provenance des Philippines qui frappèrent leur économie et obligea leurs autorités à rechercher d’autres marchés, au Moyen-Orient et dans d’autres régions.

 

En ce qui concerne les États-Unis, leur guerre commerciale avec la Chine va faire beaucoup de mal aux entreprises privées américaines qui opèrent en Chine. Même si les taxes douanières américaines vont toucher également les entreprises chinoises, ces entreprises appartiennent à l’État et il est peu probable qu’elles exercent des pressions sur leur gouvernement pour mettre fin à la guerre.

 

En 2018, McDonald’s compte environ 2500 points de vente en Chine. Actuellement, elle prévoit d’augmenter le nombre de ses points de vente à 4500 d’ici 2022. Starbucks ouvre également un nouveau point de vente en Chine toutes les 15 heures et prévoit d’en ajouter 2 000 autres d’ici 2021. Si cette guerre commerciale devient sérieuse et que les deux parties commencent à riposter, ces deux entreprises devront peut-être revoir leurs plans.

 

General Motors, qui a livré plus de 1,1 million de véhicules à la Chine en 2016, à comparer aux 202 000 véhicules livrés aux États-Unis, devrait également faire de même et chercher d’autres marchés. D’autres sociétés basées aux États-Unis, comme Apple, commencent déjà à ressentir la pression, et Tim Cook d’Apple a déclaréà Trump, en avril, que la guerre commerciale avec la Chine, où Apple possède 41 magasins (la région la plus importante pour elle en dehors des États-Unis) et où ses ventes ont déjà diminué, n’était pas une bonne chose.

 

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_ La guerre s’étendra à d’autres marchés

Un facteur crucial qui nuira davantage aux États-Unis est que leur politique douanière ne nuira pas seulement à la Chine. D’une part, ces tarifs vont nuire à leurs relations économiques avec d’autres pays et, d’autre part, toute baisse des exportations chinoises vers les États-Unis aura un impact majeur sur un certain nombre d’économies asiatiques, qui agissent en tant que fournisseurs de produits, comme les puces de smartphone, que la Chine utilise pour fabriquer des produits qu’elle exporte vers les États-Unis.

 

Les droits de douane imposés par les États-Unis ont déjà déclenché une guerre commerciale entre les États-Unis et leur ancien allié en Asie, l’Inde. Lorsque Trump a récemment mentionné l’Inde au G7 et a menacé d’imposer des droits de douane supplémentaires, cela n’a pas amusé Delhi.

 

Aujourd’hui, l’Inde prévoit d’augmenter les droits de douane de 50 % sur une liste révisée de 30 produits américains, y compris les motos, les lentilles et certaines marchandises en acier. L’Inde a également décidé d’augmenter les droits d’importation pour contrer l’impact de l’augmentation des droits de douane américains sur certains produits de l’acier et de l’aluminium, ce qui aurait des répercussions d’environ 240 millions de dollars sur l’Inde.

 

Il ressort clairement de la notification adressée par l’Inde à l’OMC que les droits imposés et les concessions suspendues « sont substantiellement équivalents au volume des échanges affectés par les mesures imposées par les États-Unis ».

 

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Ces tensions économiques ont déjà conduit la Chine à forger de meilleurs liens avec l’Inde, d’une manière qui pourrait permettre à ces deux pays de contrer le défi commercial lancé par Trump. Avant le sommet Modi–Xi en avril, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lu, a déclaré que « le monde est maintenant confronté à l’unilatéralisme rampant ainsi qu’au protectionnisme croissant dans le processus de mondialisation.

 

Toutes ces tendances ont été suivies de près et débattues ». « Dans un tel contexte, la Chine et l’Inde ont beaucoup à discuter. Nous sommes de nouveaux marchés émergents ainsi que des pays en développement à forte population, et nous pensons que les deux pays continueront à soutenir la mondialisation afin qu’elle soit plus inclusive », a ajouté Lu.

 

D’une certaine manière, cette guerre commerciale a largement aidé l’Inde et la Chine à surmonter leur différend au sujet du Doklam et à reconfigurer leurs relations dans un contexte économique mondial en plein changement. Les États-Unis s’éloignent donc involontairement d’un pays allié qu’ils considéraient, il y a encore peu de temps, comme un rempart contre la Chine pour les 100 prochaines années, puis ont été contraints de reporter leur dialogue stratégique 2+2, conséquences des relations économiques tendues.

 

Il y a donc toutes les chances que la guerre commerciale imposée par les États-Unis se retourne contre eux, non seulement sur le plan économique, mais aussi sur le plan géostratégique, donnant aux États-Unis suffisamment de raisons pour revoir leur« stratégie de guerre » et donnant également des raisons au président Trump de revoir sa position pour éviter qu’un autre président échoue encore à gagner une nouvelle guerre auto-imposée.

 

Salman Rafi Sheik/ Par Salman Rafi Sheikh/ Mondialisation.ca, 10 juillet 2018/ New Eastern Outlook 2 juillet 2018

 

https://www.mondialisation.ca/les-etats-unis-ne-pourront-pas-gagner-la-guerre-commerciale-contre-la-chine/5626497

 

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2 – La démondialisation est-elle en marche ?

 

Pour Steve Ohana, la guerre commerciale engagée par Trump ouvre une nouvelle séquence historique en annonçant le processus de la démondialisation. Il en prévoit les conséquences économiques et politiques. La guerre commerciale qui oppose Trump à l’UE, au Canada, au Mexique et à la Chine n’a pas inquiété beaucoup d’experts à ses débuts. Les volumes d’importation sur lesquels ont porté les premières hausses de tarifs étaient en effet marginaux au regard des flux commerciaux mondiaux: quelques milliards sur les plus de 1000 milliards de produits importés chaque année par les États-Unis.

 

Mais, depuis quelques semaines, les volumes changent d’échelle. Trump est en train de préparer pour l’automne une taxation (de 20% ou de 25% selon les tweets du président américain…) des importations de voitures en provenance de l’Union Européenne (environ 30 milliards par an), à laquelle l’UE devrait répondre par des taxations de même ampleur sur les exports américains vers l’Europe.

 

Les nouveaux tarifs qui viennent d’être annoncés sur les flux commerciaux États-Unis/Chine vont porter sur des volumes d’environ 50 milliards par an. Et l’escalade dans les menaces pourrait faire de la prochaine séquence de tarifs un premier vrai coup d’arrêt à la globalisation. En effet, les États-Unis annoncent que, si la Chine taxe effectivement les importations américaines comme elle l’a annoncé, ils pourraient imposer des tarifs de 25% à 200 milliards d’importations chinoises.

 

C’est un montant supérieur au total des exportations américaines de biens vers la Chine. C’est donc par des représailles non tarifaires que la Chine pourrait cette fois répondre: nuisances envers les filiales chinoises d’entreprises américaines, dévaluation du yuan, vente de ses immenses réserves de change placées en bons du Trésor américains (vente qui semble avoir déjà commencé).

 

En ce qui concerne l’Europe, elle pourrait théoriquement dégainer une «taxe digitale» visant à aligner la taxation des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) sur le taux moyen de taxation des sociétés en Europe. Cependant, l’Irlande, dont le modèle économique repose sur l’évasion fiscale des multinationales, ainsi que d’autres pays d’Europe du Nord qui la soutiennent, s’opposeront vigoureusement à une telle initiative.

 

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_ Une guerre commerciale aurait un impact sur le multilatéralisme en général, dont les Etats-Unis ont été le promoteur et le garant depuis 1945.

 

Les modèles économiques traditionnels prédisent des impacts assez modestes de cette guerre commerciale sur la croissance mondiale: si l’escalade s’arrêtait aux mesures annoncées, le coût prédit par les modèles se situe autour de 0.5% du PIB, avec néanmoins des impacts contrastés suivant le poids du secteur exportateur dans chaque pays. L’Union européenne, et en particulier l’Allemagne, est plus vulnérable, avec des exportations représentant environ 45% du PIB (à comparer à un chiffre autour de 30% au début des années 2000).

 

Les Etats-Unis, moins, avec un poids des exportations de seulement 12% du PIB. Pour la Chine, ce chiffre est de 20%, en nette baisse par rapport au pic de 37% observé en 2006. Cette asymétrie est d’ailleurs une des justifications invoquées par Trump pour déclencher cette guerre commerciale (une autre étant la politique agressive de la Chine pour faire main basse sur la technologie étrangère): les Etats-Unis, dont la croissance est tirée par la demande domestique, sont en déficit commercial structurel avec quasiment tous leurs partenaires, et en particulier la Chine et l’UE, qui ont choisi un modèle de développement économique orienté vers l’export.

 

Cependant, les modèles traditionnels ont une granularité insuffisante pour mesurer l’ensemble des conséquences d’une guerre commerciale entre ces trois poids lourds du commerce mondial. Les chaînes de valeur sont devenues extrêmement complexes et intégrées: il est ainsi fréquent de voir des pièces de voitures franchir plusieurs fois la frontière États-Unis/Mexique ou États-Unis/Canada avant de se diriger vers leur lieu d’assemblage final.

 

Des disruptions sont à prévoir dans les chaînes de valeur dont la viabilité économique reposait sur l’absence de barrières tarifaires. Des fournisseurs vont faire faillite quasiment du jour au lendemain, provoquant des effets dominos dans les industries et services qui gravitaient autour d’eux. Pour donner un autre exemple, les pays asiatiques (Corée, Taïwan, Singapour…) exportent vers la Chine des produits de base qui sont ensuite assemblés et réexportés vers les États-Unis sous forme de téléphones, téléviseurs etc.

 

Comment seront impactées ces chaînes de valeur quand les tarifs seront entrés en vigueur sur les exportations chinoises vers les États-Unis? Face à ces disruptions, une nouvelle industrie locale émergera aux États-Unis, pour se substituer notamment aux importations en provenance de Chine ou du Mexique (quand cette substitution sera possible). Mais les produits fabriqués localement seront plus coûteux que les produits importés et la relocalisation des emplois industriels ne pourra s’observer qu’à long terme.

 

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_ Une volonté de générale de «reprendre le contrôle», c’est-à-dire de récupérer la souveraineté sur tous les plans a fini par trouver une traduction politique depuis quelques années.

 

D’autre part, une autre variable mal prise en compte dans les modèles est l’impact sur le sentiment des acteurs économiques et les décisions d’investissement. On voit par exemple certaines entreprises suspendre leurs décisions d’investissement au Royaume-Uni dans l’attente de voir quelle forme de partenariat sera négociée entre la Grande-Bretagne et le continent européen après le Brexit.

 

Les banques ont par précaution déjà migré certaines équipes vers le continent pour se préparer au scénario du pire. Le même type de comportement pourrait être observé au sujet de la guerre commerciale, cette fois à l’échelle mondiale. 

 

Enfin, une guerre commerciale aurait un impact sur le multilatéralisme en général, dont les États-Unis ont été le promoteur et le garant depuis 1945. Trump, depuis le début de son mandat, s’est retiré successivement des accords de Paris sur le climat, de l’accord iranien, du Conseil Des Droits de l’Homme de l’ONU, et a exprimé de vives critiques sur le G7, l’OTAN, le NAFTA (accord commercial avec le Canada et le Mexique), ainsi que sur l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce).

 

C’est donc à une attaque en règle contre les institutions multilatérales que l’on assiste de la part des États-Unis. Les conséquences économiques de ce nouvel ordre international moins coopératif, qui, comme nous allons le voir, pourrait aboutir par ricochet à la désintégration de l’Union Européenne, sont à ce jour impossibles à évaluer.

 

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Cette rupture de l’ordre international «libéral» déclenchée par Trump n’est pas fortuite. Elle tire sa source des déséquilibres insoutenables générés par la mondialisation financière telle qu’elle s’est déroulée depuis le début des années 80. 

 

L’abaissement des barrières douanières, le réveil industriel de la Chine et son entrée à l’OMC, et la dérégulation des mouvements de capitaux, la pression exercée par les pays à bas coût de main d’œuvre sur les emplois délocalisables dans les pays avancés ont entraîné une course au moins-disant fiscal et salarial à l’échelle planétaire, une réduction des politiques publiques d’investissement dans les pays industrialisés, des friches industrielles dans les anciens bastions devenus non compétitifs, une polarisation des emplois vers les métropoles et les bassins régionaux les mieux positionnés, l’accumulation de dettes dans certains pays et d’épargne dans d’autres, des trajectoires économiques divergentes entre nations européennes et un creusement des inégalités au sein des nations (développées et émergentes).

 

Parallèlement, les flux migratoires en provenance de pays aux cultures différentes ont généré un malaise identitaire au sein des classes populaires des pays avancés et accentué leur ressentiment envers les élites libérales qui ont été les pilotes et les principaux bénéficiaires de cette globalisation. Tous ces phénomènes ont profondément mis à mal la cohésion sociale au sein des sociétés.

 

Une volonté de générale de «reprendre le contrôle», c’est-à-dire de récupérer la souveraineté sur tous les plans (migratoire, commerciale, politique, et dans le cas de la zone euro, budgétaire et monétaire), a fini par trouver une traduction politique depuis quelques années.

 

On a assisté à l’arrivée au pouvoir du parti Syriza en Grèce, de partis nationalistes en Pologne, en Hongrie, en Autriche, au vote en faveur du Brexit au Royaume-Uni en 2016, à l’élection de Donald Trump en 2017 puis à l’arrivée au pouvoir d’une majorité souverainiste en Italie en 2018. Parallèlement, le vote en faveur de mouvements souverainistes conservateurs (AfD en Allemagne, Front National en France) ou opposés à la mondialisation libérale et à l’UE (France Insoumise en France, Die Linke en Allemagne, Podemos en Espagne) rend de plus en plus difficile la constitution de coalitions majoritaires favorables à la mondialisation dans tous les pays européens.

 

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_ Même si tous ces mouvements obéissent à des logiques différentes, un grand nombre d’entre eux ont une composante identitaire et conservatrice, avec une focalisation sur le problème migratoire.

 

Même si tous ces mouvements obéissent à des logiques différentes, un grand nombre d’entre eux ont une composante identitaire et conservatrice, avec une focalisation sur le problème migratoire. On observe ainsi des attaques croisées de Trump, du leader de la Ligue et ministre de l’Intérieur Salvini en Italie, du premier ministre Kurz en Autriche, ainsi que du ministre de l’intérieur allemand (un conservateur de la CSU, la branche bavaroise de la CDU d’Angela Merkel), contre l’ouverture migratoire européenne. Parallèlement, le projet de Theresa May au Royaume-Uni est de négocier avec l’Union européenne un contrôle des flux migratoires en provenance de l’UE.

 

Or, l’Union Européenne s’est construite sur le principe des quatre libertés indissociables (biens, services, capitaux, personnes). La volonté de certains États européens de reconquérir leur souveraineté migratoire est donc susceptible d’ébranler tout l’édifice européen. Un édifice qui est devenu, depuis l’élection de Trump, la dernière forteresse du multilatéralisme face au processus de démondialisation.

 

FIGAROVOX/ANALYSE/ Par  Steve Ohana (Steve Ohana est professeur de finance à l’ESCP Europe.)/ Publié le 28/06/2018/

 

http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2018/06/28/31007-20180628ARTFIG00140-la-demondialisation-est-elle-en-marche.php

 

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3 – Pour Erdogan, la chute de la livre turque résulte d’un «complot politique»

 

La tension monte entre les deux alliés de l’Otan. Les mesures prises par Trump contre la Turquie pourraient pousser Ankara à trouver de «nouveaux marchés et de nouveaux alliés», a déclaré Erdogan. Ankara annonce présenter un plan lundi matin pour apaiser les marchés.

 

À quelques heures de l’ouverture des marchés financiers, Recep Tayyip Erdogan a estimé que la chute de la livre turque résultait d’un «complot politique» contre son pays, qui ripostera en cherchant «de nouveaux marchés et de nouveaux alliés». «Le but de l’opération est d’obtenir la reddition de la Turquie dans tous les domaines, de la finance à la politique. Nous affrontons de nouveau un complot politique en sous-main. Avec l’aide de Dieu, nous surmonterons cela», a déclaré le président turc ce dimanche. Dans la soirée, le ministre turc des Finances, Berat Albayrak, a annoncé que son pays allait présenter dès lundi matin un plan d’action pour apaiser les marchés financiers.

 

Déclarations chocs, sanctions, menaces de représailles… Depuis plusieurs jours, les relations entre la Turquie et les États-Unis s’enveniment. «Il est mauvais d’oser mettre la Turquie à genoux avec des menaces concernant un pasteur», avait déjà lancé le dirigeant turc samedi, lors d’un rassemblement à Unye, sur les rives de la Mer noire. «Honte à vous, honte à vous. Vous échangez votre partenaire stratégique de l’Otan pour un prêtre», avait-il ajouté.

 

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Les relations entre les deux alliés au sein de l’Otan ont atteint leur plus bas depuis des décennies ces dernières semaines avec notamment l’affaire de la détention en Turquie du pasteur américain Andrew Brunson, prélude à une série de sanctions. Celui-ci est accusé par la Turquie de liens avec le PKK, le parti des travailleurs du Kurdistan considéré comme une organisation terroriste.

 

Jusqu’ici de concessions en matière de justice et nous n’en ferons jamais», a-t-il dit. Dans une tribune signée dans New York Times en date du 10 août, Recep Tayyip Erdogan a prévenu Washington des conséquences de ces mesures qui pourraient pousser Ankara à trouver de «nouveaux amis et de nouveaux alliés».

 

Dans le cadre de mesures de rétorsions allant crescendo, le président américain Donald Trump a décidé vendredi de doubler les tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium turc, accélérant ainsi la chute de la devise turque, qui a perdu vendredi 16% face au billet vert. Dans le New York Times, Recep Tayyip Erdogan a prévenu Washington des conséquences de ces mesures qui pourraient pousser Ankara à trouver de «nouveaux amis et de nouveaux alliés».

«À moins que les États-Unis ne commencent à respecter la souveraineté de la Turquie et prouvent qu’ils comprennent les dangers auxquels notre nation est confrontée, notre partenariat pourrait être en danger», affirme le président turc.

 

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_ «S’ils ont le dollar, nous avons Allah»

Face à la chute de la livre et la montée de la devise américaine, Recep Tayyip Erdogan a appelé les Turcs à ne pas s’affoler. «S’ils ont le dollar, nous avons Allah», a-t-il lancé. Le président Erdogan a dénoncé vendredi une «guerre économique» et appelé la population turque à la «lutte nationale» et à la solidarité en convertissant leurs réserves cachées en or ou en devises étrangères en livres turques. «S’il y a des dollars sous votre oreiller, retirez-les. S’il y a des euros, retirez-les.

 

Donnez-les immédiatement aux banques et convertissez-les en livres turques. Et, ce faisant, nous menons cette guerre d’indépendance et luttons pour l’avenir. Parce que c’est le langage qu’ils comprennent», a rappelé le président lors de son déplacement à Unye samedi. Outre-Atlantique, la Maison Blanche a annoncé que les nouvelles sanctions sur la Turquie entreront en application le 13 août. Dans un tweet annonçant l’augmentation des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium turc, Donald Trump avait d’ailleurs noté: «Nos relations avec la Turquie ne sont pas bonnes en ce moment».

 

Par Journaliste Figaro/ Le figaro.fr/ Mis à jour le 13/08/2018/ Publié le 11/08/2018/

 

http://www.lefigaro.fr/international/2018/08/11/01003-20180811ARTFIG00099-les-relations-entre-la-turquie-et-les-etats-unis-sont-menacees-selon-erdogan.php

 

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4 – Guerre commerciale : l’Allemagne dénonce les provocations de Trump

 

Cette guerre commerciale est en train de ralentir et de détruire la croissance économique et de créer de nouvelles incertitudes», a déclaré dimanche le ministre allemand de l’Économie.

L’Allemagne s’en prend à Donald Trump. Dans une interview accordée au quotidien allemand Bild am Sonntag, le ministre allemand de l’Économie – Peter Altmaier – a dénoncé les provocations du président américain en matière de commerce mondial. Peter Altmaier a notamment averti des conséquences néfastes d’une guerre commerciale totale sino-américaine et s’est déclaré inquiet de la décision de Trump d’imposer des taxes douanières sur l’acier contre la Turquie.

 

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_ «Cette guerre commerciale est en train de détruire la croissance économique»/ Peter Altmaier (ministre allemand de l’Économie)

«Cette guerre commerciale est en train de ralentir et de détruire la croissance économique et de créer de nouvelles incertitudes», a déclaré Peter Altmaier dans cette interview. Avant d’ajouter: «Le passé nous a montré que ce sont les consommateurs qui souffrent le plus pendant les guerres commerciales, car les biens de consommation deviennent plus chers».

 

Le président Trump a déjà imposé des droits de douane punitifs sur 34 milliards de dollars de produits chinois importés. Des importations chinoises supplémentaires d’une valeur de 16 milliards seront frappées de taxes au courant de ce mois et Pékin a menacé de riposter. Vendredi, Donald Trump a également annoncé qu’il allait doubler les droits de douane sur l’acier et l’aluminium en provenance de Turquie, ce qui a entraîné à la chute de la livre turque à son plus bas face au dollar.

 

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_ Désaccords sur l’Iran

Le ministre allemand Altmaier a toutefois accueilli avec satisfaction l’apaisement des tensions entre l’Europe et les États-Unis, après l’accord conclu entre le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et Trump pour éviter pour l’instant toute hausse des taxes douanières sur l’acier.

Cet accord a «garanti des centaines de milliers d’emplois en Allemagne et en Europe», mais c’est seulement «un premier pas», a-t-il dit au Bild. «À la fin, nous avons besoin d’un commerce mondial avec des droits de douane faibles, avec moins de protectionnisme et avec des marchés ouverts», a-t-il ajouté.

 

Évoquant la décision américaine de réimposer des sanctions américaines contre l’Iran après le retrait unilatéral de Trump de l’accord nucléaire de 2015, Peter Altmaier a souligné l’importance de préserver les contrats d’affaires conclus en Iran. Un grand nombre de groupes, dont le constructeur allemand Daimler, ont déjà annoncé leur retrait d’Iran à la suite de ces sanctions qui interdisent toute transaction faite en dollars.

 

«Nous ne laisserons pas Washington nous dicter nos relations commerciales avec d’autres pays. C’est pour cette raison que nous soutenons l’accord nucléaire de Vienne qui empêche l’Iran de fabriquer une arme atomique», a dit le ministre allemand. «Que ce soit en Allemagne ou en Europe, nous examinons les moyens de garder les canaux financiers ouverts», a-t-il conclu.

 

Par   Journaliste Figaro/ Le figaro.fr/ Journaliste Figaro AFP agence/ Mis à jour le 13/08/2018/ Publié le 13/08/2018/

 

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/08/13/20002-20180813ARTFIG00023-guerre-commerciale-l-allemagne-denonce-les-provocations-de-trump.php

 

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5 – Marché financier en berne, dettes en hausse et guerre commerciale avec les USA, l’Afrique doit-elle craindre une crise chinoise ?

 

Depuis le début de l’année 2018, le marché financier chinois basé à Shanghai affichait au 18 juillet un repli de 15,5%. Sur les trois dernières années, son principal indice, le Shanghai SE Composite qui regroupe l’ensemble des entreprises présentes sur sa cote, a perdu jusqu’à 34%. Une performance qui devrait focaliser les attentions en Afrique.

 

Même si les fondamentaux de l’économie chinoise demeurent solides, avec une croissance 2018 estimée à 6,8%, en moyenne par le consensus des analystes, cette bonne performance reste en deça de l’âge d’or des progressions à deux chiffres que le pays affichait jusque-là.

 

Dans une interview accordée à la plateforme Morningstar, Adrew Swan, le gestionnaire du fonds de l’investisseur américain Blackrock pour l’Asie, a expliqué ce repli du marché chinois, par les incertitudes qui entourent les investisseurs. Plusieurs d’entre eux ne savent pas jusqu’où ira la guerre commerciale déclenchée par Donald Trump et quels en seront les impacts.

 

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_ Le poids de la dette des ménages en Chine menace lentement sa consommation

Selon des indicateurs de la Banque Internationale de Règlement, l’encours de la dette des ménages chinois à la fin 2017 équivalait à 6141,6 milliards $, soit prês de 48% du PIB du pays. A la fin mars 2018, ce poids est passé à près de 50%. 

 

La crainte des analystes ne réside pas tant dans la hausse de cette dette, mais plutôt du fait qu’elle ronge un revenu disponible qui devient de plus en plus faible en raison de la baisse de croissance. Il y a quelques années encore, le revenu partagé par les ménages représentait 49% du PIB. A la mi-2017, il s’est réduit à 47% du PIB. Ainsi les menages chinois s’endettent de plus en plus, parfois auprès d’institutions difficiles à refinancer, tandis que leurs revenus reculent, du fait de la baisse des valorisations boursières, et de la part de PIB qui leur est distribuée.

 

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_ Un risque sur la consommation qui pourrait toucher l’Afrique.

Cette situation fait peser un risque sur les économies africaines, dont la Chine est aujourd’hui le premier partenaire. La hausse de la consommation des ménages, dans tous les compartiments de l’économie chinoise, a été le moteur de gros investissements, qui ont poussé l’empire du millieu à solliciter des matières premières de toutes les sortes en Afrique, positionnant la Chine en tête des partenaires économiques du continent noir.

 

Dans une note d’analyse publiée le 3 juillet 2018, l’agence de notation Moody’s a indiqué que la reprise de la consommation en Chine pourrait atténuer la baisse des importations des hydrocarbures et des minerais solides, sur les économies africaines. Or si cette consommation chinoise tarde à se relancer ou n’est pas suffisament importante, elle aura difficilement les effets escomptés, notamment pour ceux qui espèrent sur les revenus du tourisme.

 

En 2015, la crise économique qui a ravagé les principales économies africaines, est partie d’un léger fléchissement dans la microéconomie chinoise. Aujourd’hui encore, alors que s’amoncellent des signes avant-coureurs d’un prochain crash, les acteurs de politiques économiques africaines semblent loin de ce débat.

 

Or avec la légère crise qui touche les marchés emergents comme l’Egypte, la Turquie et même, dans une moindre mesure, l’Inde, il y a des risques que l’alternative des pays émergents, la Chine en tête, qui soutient l’Afrique, se fragilise aussi. Ce qui plongerait la région dans une nouvelle impasse, avec à la clé des ajustements douloureux.

 

Idriss Linge/ Follow @agenceecofin/ (Agence Ecofin) -/ Mercredi, 18 juillet 2018/

 

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