ECONOMIE/ GLOBALISATION : Et maintenant, allons à la guerre économique…
19 juillet 2018  >  By:   >  A LA UNE, ECONOMIE ET FINANCES, ECONOMIE MONDE, STRATEGIES  >  No Comment   //   530 Views

 

« Avis de tempête : « Contrairement à ce que le locataire de la Maison Blanche affirme, il n’y aura pas de vainqueur dans cet affrontement, comme l’anticipe la note publiée le 3 juillet par le Conseil d’analyse économique, qui parle d’« avis de tempête sur le commerce international ». Plusieurs scénarios sont envisagés, dont celui d’une « guerre commerciale totale », qui entraînerait pour les Etats-Unis, la Chine et l’Union européenne (UE) un recul de 3 à 4 points de leur produit intérieur brut (PIB). Les échanges entre la France et le reste du monde, hors UE, s’effondreraient de 42 %, avec un impact qui serait comparable à celui de la crise de 2008. La situation est d’autant plus grave qu’elle échappe à toute rationalité. Comme le résume le prix Nobel d’économie 2008, l’Américain Paul Krugman ».

 

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1 – COMMERCE/ Etats-Unis : le risque d’une guerre économique mondiale

 

La guerre économique a-t-elle été déclarée ? Il y a bien sûr les droits de douane que les Etats-Unis imposent depuis le 23 mars sur les importations d’acier et d’aluminium. Non pas que ces produits représentent un enjeu majeur à même de bouleverser l’économie mondiale. Mais la façon dont le Président Trump gère la chose montre que ses ambitions protectionnistes vont bien au-delà. Et le commerce n’est pas le seul concerné. La bataille est également cruciale sur le front de la fiscalité, où se joue aujourd’hui le droit de taxer les grandes firmes. Commerce, fiscalité, une chose est sûre : la tension monte.

C’est le bras de fer commercial engagé par Trump qui a ouvert les hostilités. Le jeudi 8 mars dernier, devant des sidérurgistes à gros bras, larges épaules et en habits de travail, le Président a officiellement signé le document imposant, à partir de la fin mars, des droits de douane supplémentaires de 25 % sur les importations d’acier et de 10 % sur celles d’aluminium.

 

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_ Un marché de l’acier déséquilibré

Le marché mondial de l’acier est complètement déséquilibré. Du fait de gains d’efficacité importants, la demande est structurellement en baisse. On peut estimer qu’il faut aujourd’hui trois fois moins d’acier qu’en 1980 pour produire une même unité du produit intérieur brut (PIB) mondial. En face, l’offre est pléthorique, avec environ 30 % de surcapacités mondiales, selon les données de l’OCDE. Premier producteur (la moitié du marché mondial) et premier exportateur (un quart du marché), en particulier à partir d’usines inefficaces et largement subventionnées, la Chine est la première responsable de ce déséquilibre.

 

Ces surcapacités exercent une pression à la baisse sur les prix qui pénalise les autres producteurs, notamment la sidérurgie américaine, premier importateur et plus gros déficit commercial mondial sur ce produit. La concurrence internationale a assurément contribué à la dégradation du secteur aux Etats-Unis : il a perdu 64 000 emplois entre 2000 et 2017 (13 000 dans l’aluminium), des usines ont fermé et le taux d’utilisation des capacités de production des installations est bas, à un peu plus de 70 %.

 

Cette situation justifie-t-elle la mise en oeuvre d’un haut niveau de protectionnisme ? A bien y regarder, les enjeux sont faibles. Les achats d’acier et d’aluminium ne représentent qu’environ 2 % des importations américaines, une fraction infime de la richesse et les dizaines de milliers d’emplois perdus au fil des ans sont sans commune mesure avec les plus de deux millions créés par l’économie des Etats-Unis rien qu’en 2017. De plus, les importations d’acier aux Etats-Unis bénéficient déjà de près de 150 mesures protégeant le marché intérieur, selon les données du ministère américain du Commerce, couvrant environ 60 % des achats à l’étranger. Et c’est le cas également de 15 % des achats d’aluminium, un marché de moindre importance.

 

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_ Un risque d’escalade

John Ferriola, le PDG de Nucor, premier sidérurgiste américain, a félicité le Président Trump de s’être enfin attaqué au « flot massif d’importations d’acier sous-évaluées et illégalement subventionnées », la Chine étant pointée du doigt. Pourtant, l’Empire du Milieu sera loin d’être la première victime. En 2017, elle n’était que le dixième fournisseur d’acier, loin derrière le Canada et, surtout, des 28 pays de l’Union européenne, dont chacun pris à part pèse peu mais qui représentent ensemble le premier fournisseur des Etats-Unis pour ce matériau.

 

Cette réalité n’a pas échappé aux conseillers de Donald Trump, pas plus que le faible poids économique et le fort impact politique, dans plusieurs Etats américains où la sidérurgie reste significative, de cette offensive protectionniste. Mais les déclarations successives du Président ont mis en évidence sa stratégie : le coup de force sur l’acier et l’aluminium ne représente qu’une première escarmouche visant à obtenir de plus amples concessions.

 

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_ Donnant, donnant

Dès la signature du document instaurant les droits de douane, on a appris que le Canada et le Mexique en étaient épargnés, soit un quart des importations ! Le deal : vous me donnerez des choses en échange dans notre renégociation en cours de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena). L’Australie a également évité les taxes, sans que l’on sache si c’est parce que le pays affiche un déficit commercial avec les Etats-Unis ou bien parce que son golfeur vedette Greg Norman, apprécié de Trump, est intervenu…

 

La Chine est dans le viseur. L’administration américaine prépare des mesures protectionnistes afin de contrer ce qu’elle qualifie de vol de propriété intellectuelle par les entreprises chinoises ; le nombre de visas accordés aux étudiants chinois pourrait être restreint. Mais l’Europe aussi et visée. Elle a répondu d’une seule voix : estimant qu’elle allait subir une perte de 2,8 milliards d’euros, elle envisage des mesures tarifaires de représailles pour un même montant. Elle vise à pénaliser, dans la perspective des élections de mi-mandat de novembre prochain, des marchandises produites dans la circonscription du leader républicain de l’Assemblée (Harley-Davidson), du Sénat (bourbon) et dans des Etats importants comme la Californie (jus d’orange).

 

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_ Cheval de Troie ?

Une réaction anticipée par les Américains, Trump tweetant aussitôt qu’il mettrait alors en oeuvre des tarifs de 35 % sur les voitures européennes, l’excédent extérieur allemand étant particulièrement visé. On peut d’ailleurs se demander si ce n’est pas son véritable objectif depuis le début. Les Etats-Unis ont également laissé entendre qu’ils souhaitent une plus grande ouverture du marché agricole européen. A moins qu’en instaurant leurs tarifs pour un motif de sécurité nationale des approvisionnements, ils forcent l’Europe à financer plus largement l’Otan.

 

L’acier et l’aluminium ne paraissent être qu’une étape, un prétexte pour obtenir des contreparties par la menace. Et qui dit que Trump s’arrêtera là ? « Ça peut être interprété comme un début », soupire-t-on dans les couloirs de Bercy. Si les Européens plient devant ce bras de fer, ils seront exemptés des droits de douane, mais Trump aura gagné. S’ils ne cèdent pas, une guerre commerciale n’est pas exclue. Un comportement américain à visée électoraliste, mais qui rencontre également la conviction de Donald Trump que les pays qui bénéficient d’excédents commerciaux sur les Etats-Unis sont des ennemis de la nation. Le rapport de force commercial ou la guerre par d’autres moyens ?

 

CHRISTIAN CHAVAGNEUX/ 01/04/2018/ ALTERNATIVES ECONOMIQUES N°378

 

https://www.alternatives-economiques.fr/etats-unis-risque-dune-guerre-economique-mondiale/00083828

 

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2 – Guerre commerciale : les États-Unis isolés lors du G7 Finances

 

Le G7 Finances s’est achevé samedi avec des États-Unis plus isolés que jamais, les alliés de Washington ayant unanimement fustigé la politique commerciale de l’administration Trump. Le cadre idyllique de Whistler, station de ski de l’ouest du Canada, n’aura pas suffi à apaiser les tensions. Le G7 Finances s’est achevé samedi sur une protestation unanime contre la politique commerciale agressive américaine, les principaux alliés de Washington exhortant Donald Trump à revenir sur sa décision d’imposer des taxes sur l’acier et l’aluminium la semaine prochaine lors du sommet des chefs d’État qui se tiendra les 8 et 9 juin à Charlevoix, au Québec.

 

L’administration Trump est en effet montée d’un cran vendredi dernier en mettant en application de nouvelles taxes douanières sur l’acier (à 25%) et l’aluminium (à 10%) en provenance de l’Union européenne (UE), du Canada et du Mexique. Les États-Unis menacent en outre de taxer les importations de voitures, jusqu’à 25%, ce qui serait un coup dur pour des pays exportateurs comme l’Allemagne et le Japon.

 

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_ Plus un «G6+1» qu’un G7, selon Bruno Le Maire

Signe de la grande discorde, le G7 Finances n’a pas donné lieu à une déclaration commune mais à une succession de conférences de presse séparées. «Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales ont demandé au secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin de faire part (à la Maison Blanche) de leur inquiétude unanime et de leur déception», a déclaré le ministre canadien des Finances Bill Morneau à l’issue de trois jours de réunions entre l’Allemagne, le Canada, la France, le Japon, l’Italie et les États-Unis (la Russie étant exclue depuis 2014).

 

L’économie de la planète affichant un taux de croissance (+3,9%) solide et inédit depuis la crise financière de 2008, les discussions auraient pu porter sur la meilleure manière de tirer parti de cette conjoncture favorable. Cependant, ont déploré Canada, France et Allemagne, ces discussions ont été largement éclipsées par le spectre d’une guerre commerciale. Ces taxes «compromettent un commerce ouvert et sapent la confiance en l’économie mondiale», a également commenté Bill Morneau, qui a exprimé à son homologue américain Steven Mnuchin dans «des mots durs», selon ses propres termes, le «complet désaccord» d’Ottawa avec Washington.

 

Le G7 a été «tendu et difficile», a résumé de son côté le ministre français Bruno Le Maire, estimant que cette réunion avait plutôt été un «G6 + 1» avec des États-Unis «seuls contre tous, qui font courir le risque de déstabilisation économique à la planète». «La semaine prochaine dépendra de la décision que l’administration (américaine) est prête à prendre dans les prochains jours et dans les prochaines heures, je ne parle pas de semaines à venir», pour éviter une guerre commerciale, a-t-il estimé.

 

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_ Deux tweets de Trump en guise de conclusion

«Nous croyons au G7», a rétorqué Steven Mnuchin, tout en reconnaissant qu’il y avait eu «un consensus unanime sur l’inquiétude» exprimée par les six autres partenaires de Washington en matière de conflit commercial. Il a assuré qu’il en avait fait part au président Donald Trump à l’approche du sommet des chefs d’État et de gouvernement qui va se dérouler vendredi et samedi prochains. Au moment où les discussions s’achevaient à Whistler, le président des États-Unis s’est fendu, comme il en a l’habitude, de nouveaux tweets fustigeant le libre-échange: «Si nous taxons à hauteur de 0 un pays pour qu’il nous vende ses marchandises et qu’en retour, il taxe à 25, 50 ou 100% les nôtres (…) ce n’est pas un commerce libre et équitable, c’est du commerce stupide!», a-t-il écrit.

 

Et dans un second tweet, il a une nouvelle fois martelé qu’avec un déficit de biens de quelque 800 milliards de dollars, les Etats-Unis avaient été «arnaqués par les autres pays depuis des années». En incluant les services, le déficit américain avec le reste du monde s’est élevé à 566 milliards en 2017.

 

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_ L’OMC et la Chine dans l’équation

L’Union européenne et le Canada ont d’ores et déjà saisi l’Organisation mondiale du commerce (OMC) tandis que le Mexique a adopté des représailles sur des produits américains. Mais de l’avis de tous, la guerre commerciale n’est toutefois pas encore déclarée tant que Donald Trump ne met pas à exécution ses menaces d’imposer des taxes sur l’automobile, un des secteurs au coeur des échanges du commerce mondial.

 

Reste à savoir aussi comment va évoluer l’autre grand front commercial ouvert contre la Chine par Donald Trump. Son secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, est arrivé à Pékin samedi pour trois jours de nouvelles discussions. La Chine a d’ores et déjà prévenu qu’aucun compromis commercial ne serait possible en cas de sanctions douanières américaines.

 

Le figaro.fr  AFP agence/ Mis à jour le 03/06/2018/ Publié le 03/06/2018

 

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/06/03/20002-20180603ARTFIG00044-guerre-commerciale-les-etats-unis-isoles-lors-du-g7-finances.php

 

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3 – La Chine dénonce « la guerre commerciale » lancée par les Etats-Unis et annonce une « riposte »

 

Pékin a réagi immédiatement, vendredi, à l’entrée en vigueur de l’augmentation de droits de douanes américains sur les importations chinoises. La Chine n’aura pas tardé à répliquer à l’entrée en vigueur, vendredi 6 juillet, de droits de douanes prohibitifs décidée par les Etats-Unis sur les importations chinoises. Ces taxes américaines de 25 % sur 34 milliards de dollars d’importations frappent désormais 818 produits, dont des voitures, des composants d’avion ou des disques durs d’ordinateur.

 

Pékin a dénoncé « la plus grande guerre commerciale de l’histoire économique » et promis de défendre ses droits auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). « La Chine a promis de ne pas tirer la première, mais pour défendre les intérêts fondamentaux du pays et de sa population, elle est contrainte à une nécessaire riposte », a fait savoir le ministère chinois du commerce dans un communiqué.

 

Dans la matinée, le ministère chinois des affaires étrangères a ensuite annoncé que des mesures contre les Etats-Unis avaient « pris effet immédiatement ». Le porte-parole du ministère, Lu Kang, n’a pas voulu détailler ni la nature ni le montant des mesures de rétorsion, mais Pékin avait averti précédemment qu’il imposerait des taxes sur 34 milliards d’importations américaines, rendant ainsi coup pour coup à Washington.

 

En visite à Sofia, le premier ministre chinois, Li Keqiang, a tenu à avertir les Etats-Unis : « Si un pays veut augmenter les droits de douane, la Chine répondra pour se défendre. Une guerre commerciale ne profite à personne car elle nuit au libre-échange et au processus multilatéral. »

 

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_ De nouvelles taxes déjà prévues ?

Au total, ce sont 50 milliards de dollars d’importations chinoises annuelles qui seront affectées par les mesures américaines destinées à compenser ce que l’administration Trump considère être le « vol » de propriété intellectuelle et de technologies. Le second lot de taxes sur seize milliards d’importations chinoises, qui fait pour l’heure l’objet d’un examen supplémentaire de la part du représentant au commerce (USTR) Robert Lighthizer, entrera prochainement en vigueur, sans doute « dans deux semaines », selon M. Trump.

 

Cette « guerre économique » ne devrait pas en rester là puisque Donald Trump a demandé à M. Lighthizer « d’identifier 200 milliards de dollars de biens chinois en vue de taxes supplémentaires de 10 % ». Et le président américain, qui souhaite rééquilibrer les échanges commerciaux entre les deux pays, s’est dit prêt à taxer 200 milliards de dollars de biens additionnels, « si la Chine augmente à nouveau ses tarifs douaniers » en réaction.

 

LE MONDE/ 06.07.2018/ Mis à jour le 06.07.2018/

 

https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2018/07/06/la-chine-denonce-la-guerre-commerciale-lancee-par-les-etats-unis-et-annonce-une-riposte_5326831_3216.html

 

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4 – La guerre commerciale est une folie

 

Editorial. Le relèvement des taxes sur les exportations vers les Etats-Unis et les mesures de rétorsion des autres acteurs de l’économie mondiale risquent d’avoir de lourdes conséquences. Editorial du « Monde ». L’engrenage infernal de la guerre commerciale peut-il encore être stoppé ? Depuis que Donald Trump s’est lancé dans sa croisade pour réduire le déficit des échanges extérieurs américains, on assiste, impuissant, à un scénario aussi prévisible que dommageable pour l’économie mondiale.

 

Les menaces de relèvement des taxes sur les exportations vers les Etats-Unis proférées depuis des mois ont commencé à être mises à exécution, entraînant à leur tour des mesures de rétorsion, qui elles-mêmes sont sur le point de provoquer une nouvelle surenchère de la part de Washington, au mépris du droit international. Ainsi, de nouvelles sanctions sur des produits chinois pourraient être mises en œuvre dès le 6 juillet, tandis que les voitures européennes risquent prochainement de subir des taxes de 25 %.

 

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« LES GOUVERNEMENTS ÉTRANGERS NE PEUVENT PAS RÉELLEMENT DONNER À TRUMP CE QU’IL VEUT, PARCE QU’IL LEUR DEMANDE D’ARRÊTER DE FAIRE DES CHOSES QU’ILS NE FONT PAS VRAIMENT. » PAUL KRUGMAN, PRIX NOBEL D’ÉCONOMIE

 

Ce qui paraissait improbable il y a encore quelques mois est en train de se concrétiser, sans qu’on puisse à ce stade identifier ce qui pourrait ramener M. Trump à la raison. Pourtant, toute une série de voyants commence à clignoter. Les marchés financiers sont de plus en plus nerveux. Il y a quelques jours, le président de la Réserve fédérale américaine (Fed, banque centrale), Jerome Powell, a alerté sur le fait que les entreprises envisagent de reporter investissements et embauches. Et alors qu’un tiers des terres cultivées aux Etats-Unis sont destinées à produire pour l’exportation, les agriculteurs américains, qui ont pourtant voté en masse pour M. Trump, craignent de devenir les victimes collatérales de ses foucades protectionnistes.

 

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_ « Avis de tempête »

Contrairement à ce que le locataire de la Maison Blanche affirme, il n’y aura pas de vainqueur dans cet affrontement, comme l’anticipe la note publiée le 3 juillet par le Conseil d’analyse économique, qui parle d’« avis de tempête sur le commerce international ». Plusieurs scénarios sont envisagés, dont celui d’une « guerre commerciale totale », qui entraînerait pour les Etats-Unis, la Chine et l’Union européenne (UE) un recul de 3 à 4 points de leur produit intérieur brut (PIB). Les échanges entre la France et le reste du monde, hors UE, s’effondreraient de 42 %, avec un impact qui serait comparable à celui de la crise de 2008.

 

La situation est d’autant plus grave qu’elle échappe à toute rationalité. Comme le résume le prix Nobel d’économie 2008, l’Américain Paul Krugman, « les gouvernements étrangers ne peuvent pas réellement donner à Trump ce qu’il veut, parce qu‘il leur demande d’arrêter de faire des choses qu’ils ne font pas vraiment ».

 

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_ Réaction en chaîne

En fait, le constat du président américain, basé sur des calculs de politique intérieure, est erroné. Si les Etats-Unis accusent un déficit avec la plupart de leurs partenaires commerciaux, c’est parce que les Américains n’épargnent pas assez et vivent au-dessus de leurs moyens. De ce point de vue, la réforme fiscale récemment adoptée par le Congrès, en creusant dangereusement le déficit budgétaire, ne peut qu’amplifier le phénomène. Dresser des herses aux frontières n’améliorera rien et risque au contraire de provoquer une réaction en chaîne inéluctable. L’augmentation des droits de douane va nourrir l’inflation, que la Fed sera obligée de juguler en accélérant le relèvement de ses taux d’intérêt, ce qui aboutira à faire chuter l’investissement et la consommation.

 

De façon irresponsable, Washington met en danger l’économie mondiale. Si le point de non-retour n’est pas encore atteint, il n’a jamais été aussi proche. La mauvaise nouvelle est que le seul qui puisse arrêter cette folie est le ­président des Etats-Unis le plus imprévi­sible de l’Histoire.

 

LE MONDE/ 05.07.2018/ Mis à jour le 06.07.2018/

 

https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/07/05/la-guerre-commerciale-est-une-folie_5326388_3232.html

 

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5 – Commerce : le FMI et l’OMC inquiets du protectionnisme de Trump

 

Le sommet du G7 au Canada est donc considéré par les observateurs comme un échec, voire un fiasco, après avoir été torpillé par Donald Trump. Un communiqué commun avait pourtant été établi samedi à La Malbaie au Québec. Mais le président américain a posté des tweets rageurs exigeant le retrait des Etats-Unis du texte… Il a accusé le Premier ministre canadien Justin Trudeau (président et hôte de ce sommet) de « très malhonnête et faible. Nos tarifs douaniers sont en réponse à ses droits de 270% sur les produits laitiers! », a-t-il ajouté…

 

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_ L’automobile désormais dans le collimateur de Trump

Lundi, le directeur général de l’OMC (Organisation mondiale du commerce), Roberto Azevêdo, a réagi en appelant à la fin de « l’escalade des tensions. Ce processus +oeil pour oeil+ n’est pas utile (…) Des nouveaux secteurs vont être entraînés dans (la crise) ce qui va faire du mal à tout le monde », a-t-il dit à l’issue d’une réunion à Berlin avec la chancelière Angela Merkel et les représentants d’institutions économiques et financières internationales. Après l’acier et l’aluminium, Donald Trump menace désormais de taxer les importations d’automobiles, une mesure qui pénaliserait particulièrement l’Allemagne et le Japon.

 

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_ Des « nuages de plus en plus sombres » sur l’économie mondiale

A l’issue de cette même réunion, Christine Lagarde, la directrice générale du FMI s’est elle aussi inquiétée des effets sur l’économie mondiale du protectionnisme prôné par Donald Trump. « Les nuages les plus gros et sombres que nous percevons sont ceux de la détérioration de la confiance qui ont été provoqués par la volonté de remettre en question la manière dont s’organise le commerce, la manière de gérer les relations et la manière dont agissent les organisations multilatérales », a-t-elle déclaré. Le FMI continue d’anticiper une croissance économique mondiale de 3,9% en 2018 et en 2019 mais pour Christine Lagarde, « les nuages que nous avons signalés il y a environ six mois sont chaque jour de plus en plus sombres »…

 

Boursier.com, publié le lundi 11 juin 2018/

 

https://finance.orange.fr/actualite-eco/article/commerce-le-fmi-et-l-omc-inquiets-du-protectionnisme-de-trump-CNT0000013XBt8.html

 

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6 – Washington saisit l’OMC contre le Canada, la Chine, le Mexique, la Turquie et l’UE

 

Les Etats-Unis ont annoncé lundi avoir saisi l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour contester les mesures prises par le Canada, la Chine, le Mexique, la Turquie et l’Union européenne en représailles aux taxes américaines sur l’acier et l’aluminium. « Les tarifs douaniers américains sur l’acier et l’aluminium imposés par le président (Donald) Trump plus tôt cette année sont justifiés par les accords internationaux que les Etats-Unis et ses partenaires commerciaux ont approuvés », a affirmé le représentant américain au commerce (USTR), Robert Lighthizer, dans un communiqué. « Les actions prises par le président sont totalement légitimes et pleinement justifiées à la fois par la législation américaine et les règles du commerce international », a-t-il estimé.

 

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_ Aléna : l’industrie automobile exhorte à reprendre les discussions

En revanche, les taxes douanières imposées en représailles par ces pays ne trouvent aucun fondement dans les règles du commerce international, a-t-il assuré. « Ces taxes douanières semblent rompre l’engagement pris par les membres de l’OMC sous l’accord OMC », a-t-il ajouté. Le ministère mexicain de l’Economie a répliqué que « les mesures mises en oeuvre par le Mexique (étaient) une réponse aux taxes douanières imposées de manière injuste sous couvert (de défense) de la sécurité nationale ». « Les achats américains d’acier et d’aluminium mexicain ne constituent pas une menace pour la sécurité nationale de ce pays », a-t-il ajouté.

La Maison Blanche avait annoncé début mars des taxes supplémentaires de 25% sur les importations d’acier et de 10% sur celles d’aluminium.

 

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_ La Chine va saisir l’OMC au sujet des nouveaux tarifs douaniers US

La Chine va saisir l’Organisation mondiale du commerce (OMC) au sujet des tarifs douaniers imposés par les Etats-Unis, a déclaré mercredi le ministère du Commerce, après que Washington a annoncé plus tôt avoir publié une liste portant sur 200 milliards de dollars (170 milliards d’euros) de produits chinois supplémentaires qui seront assujettis à des droits de douane. Pékin devra répondre à ces agissements. La Chine a décidé d’imposer en retour en avril des taxes additionnelles de 15 à 25% sur trois milliards de dollars d’importations américaines. Depuis le 22 juin, l’Union européenne impose des tarifs douaniers supplémentaires de 10 à 25% sur 3,2 milliards d’importations américaines. La Turquie a imposé de son côté depuis le 21 juin des taxes de 4 à 70% sur 1,8 milliard d’importations américaines.

 

Quant au Canada et au Mexique, liés aux Etats-Unis par le traité de libre-échange nord-américain (Aléna), ils ont respectivement imposé des taxes additionnelles de 10 à 25% sur 12,7 milliards de dollars d’importations américaines (depuis le 1er juillet) et de 7 à 25% sur 3,6 milliards (effectifs depuis le 5 juin). Lundi, le chef économiste du Fonds monétaire international (FMI) Maurice Obstfeld a souligné que les tensions commerciales représentaient « la plus grande menace à court terme » pour la croissance mondiale. « Si les pays pouvaient coopérer en vue de faire évoluer le système multilatéral pour résoudre les tensions, ce serait très positif pour la croissance mondiale », a-t-il ajouté.

 

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_ Washington saisit l’OMC sur les mesures de rétorsion de ses partenaires

Les Etats-Unis ont saisi lundi l’Organisation (OMC) pour contester les mesures prises par la Chine, l’Union européenne, le Canada, le Mexique et la Turquie en représailles contre les droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium. Le délégué américain au Commerce, Robert Lighthizer, a déclaré dans un communiqué que ces mesures de rétorsion qui portaient au total sur des exportations américaines pouvant atteindre 28,5 milliards de dollars (24,3 milliards d’euros) étaient en contradiction avec les règles de l’OMC.

 

« Ces droits de douane semblent enfreindre les engagements de chacun des membres de l’accord de l’OMC », a-t-il dit. « Les Etats-Unis prendront toutes les mesures nécessaires pour protéger leurs intérêts et nous appelons nos partenaires commerciaux à travailler de façon constructive avec nous sur les problèmes créés par les surcapacités massives et persistantes dans les secteurs de l’acier et de l’aluminium. »

 

17 juillet  2018/ Source:   msn.com

 

http://fr.pressfrom.com/actualite/sport/-129805-washington-saisit-lomc-contre-le-canada-la-chine-le-mexique-la-turquie-et-lue/

 

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