AFRIQUE/ ECONOMIE/ FINANCES : améliorations et incertitudes (face aux difficultés, ne plus cacher les forces et les faiblesses)
29 décembre 2017  >  By:   >  INSOLITE, Uncategorized  >  No Comment   //   518 Views

« L’informel comme levier de croissance pour l’Afrique, le FMI change de paradigme ? Le FMI vient de publier ses perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne. Dans l’ensemble, la dynamique reste assez modérée en raison d’un contexte toujours morose ce qui nécessitera la prise des mesures vigoureuses afin de redémarrer la croissance. Si le Fonds a de nouveau insisté sur l’accélération des ajustements budgétaires et le renforcement des réformes structurelles, il a dans son dernier rapport mis en exergue tout le potentiel que peuvent tirer les pays africains de leur secteur informel. Il s’agit là d’un véritable changement de paradigme pour le FMI qui a surtout mis en avant les gains productifs que peuvent induire des politiques adaptées, surtout celles ciblant le tissu des entreprises familiales, composante essentielle de l’économie dite souterraine en Afrique et véritable niche de croissance et de création d’emplois. »

Résultat de recherche d'images pour "afrique, économie informelle, 2016, 2017"

——————————-

Résultat de recherche d'images pour "casablanca, tramway, new casablanca, 2016, 2017"

1 – Maroc : 2017 sous le signe d’une embellie économique

Avec une croissance de 4,8 % prévue pour 2017, le Maroc tourne le dos à une année 2016 marquée par une sécheresse exceptionnelle et une croissance de 1,2 %. C’est le ministre marocain de l’Économie et des Finances, Mohamed Boussaid, qui l’annonce. Le Maroc devrait connaître une croissance de 4,8 % en 2017, loin des 1,2 % de 2016. Parallèlement, le déficit budgétaire devrait être revu à la baisse, passant de 4,1 % l’an dernier à 3,5 % cette année, alors que le déficit du compte courant du PIB devrait reculer à 4 % cette année, après 4,4 % l’année dernière. L’inflation, pour sa part, s’est située à 0,9 % au cours des six premiers mois de l’année. C’est donc globalement une embellie que le Maroc enregistre au-delà de ces chiffres.

Résultat de recherche d'images pour "maroc, nouvelle ville, maroc, 2016, 2017"

_ Les raisons de l’embellie

On constate une accélération du taux de croissance économique en 2017 grâce à l’amélioration de la valeur ajoutée du secteur agricole en raison des dernière récoltes, outre le maintien par les autres secteurs non agricoles du même taux de croissance, a souligné M. Boussaid, qualifiant la performance des secteurs non agricoles de « satisfaisante ». Ainsi, la production de phosphates a augmenté de 26 %, et celle de ses dérivés de 35 %, a-il fait remarquer, précisant que l’indice de production industrielle a connu une hausse de 2,3 %, tandis que l’indice de production nette d’énergie s’est apprécié de 5,2 %, et celui du tourisme de 8,7 % au niveau des arrivés.

S’agissant du chômage, le Conseil s’est attardé sur trois indices soulevés par le ministre qui a expliqué que si le taux de chômage se situe à hauteur de 10,7 % au niveau national, il frôle 15,7 % au niveau urbain, 20,7 % chez les détenteurs de diplômes et 23,2 % chez les jeunes, soulignant que ces défis nécessitent un redoublement d’efforts pour répondre aux attentes.

Pour le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI), la bonne tenue des fondamentaux économiques et une mise en œuvre globalement saine des politiques au Maroc ont contribué à des résultats macroéconomiques solides ces dernières années. En achevant la deuxième revue de l’accord en faveur du Maroc, au titre de la Ligne de précaution et de liquidité (LPL), le Conseil d’administration a également noté que les déséquilibres extérieurs devraient diminuer en 2017 et les réserves internationales se maintenir à un niveau confortable. « La situation fiscale est positive, avec un déficit budgétaire qui devrait reculer en 2017 grâce à la solidité des recettes et à la maîtrise des dépenses.

Résultat de recherche d'images pour "maroc, nouvelle ville, maroc, 2016, 2017"

La croissance devrait rebondir en 2017 puis s’accélérer progressivement à moyen terme, à condition que la conjoncture extérieure s’améliore et que les réformes soient résolument mises en œuvre », a souligné le premier Directeur général-adjoint et président par intérim, David Lipton. « Mais ces perspectives restent soumises à des risques intérieurs et extérieurs de nature baissière. A cet égard, l’accord conclu par le Maroc avec le FMI au titre de la Ligne de précaution et de liquidité (LPL) reste une assurance utile contre les risques exogènes et accompagne la mise en œuvre des politiques économiques des autorités », a-t-il indiqué.

Les autorités marocaines n’ont pas effectué de tirages sur cet accord sur deux ans d’un montant de près de 3,42 milliards de dollars approuvé par le Conseil d’administration en juillet 2016. Elles continuent à traiter le LPL comme un dispositif de précaution, même s’il doit expirer le 21 juillet 2018. D’après le Conseil d’administration, le nouveau programme de réforme économique du gouvernement est conforme aux principales réformes convenues dans le cadre de l’accord au titre de la LPL, dont celles qui visent à réduire les vulnérabilités budgétaires et extérieures tout en consolidant les bases d’une croissance plus forte et plus inclusive. Suite aux discussions avec le Conseil d’administration, M. Lipton a déclaré que les autorités marocaines restaient déterminées à poursuivre la mise en œuvre de politiques avisées.

Résultat de recherche d'images pour "new casablanca city,"

_ Les recommandations du FMI

« En droite ligne des progrès enregistrés ces dernières années, il est nécessaire de poursuivre le rééquilibrage budgétaire en s’appuyant sur une accélération des réformes fiscales, une gestion saine des finances publiques au niveau local dans le cadre de la décentralisation budgétaire, une réforme globale de la fonction publique, un renforcement de la supervision financières des entreprises d’Etat et une plus grande efficience des programmes sociaux et des projets d’investissement public », a-t-il poursuivi. « L’adoption de la loi sur la banque centrale et la poursuite de la mise en œuvre des recommandations du programme d’évaluation du secteur financier de 2015 contribueront à renforcer le dispositif régissant la politique applicable au secteur financier.

La transition vers un régime de change plus souple fondé sur une stratégie bien communiquée contribuera à préserver la compétitivité extérieure et à renforcer la capacité de l’économie à absorber les chocs », selon M. Lipton. « Enfin, pour relever la croissance potentielle et rendre la croissance plus inclusive, en réduisant les niveaux de chômage obstinément élevés, notamment chez les jeunes, et en augmentant la participation de la femme à la population active, il faudra entreprendre d’autres mesures pour améliorer le climat des affaires, la gouvernance, la compétitivité, l’accès à la finance et le marché de l’emploi, et réduire les disparités régionales, » a-t-il conclu. Autant d’éléments qui montrent que si le Maroc est sur une bonne voie, il lui reste encore des chantiers de taille appréciable.

PAR AÏDA HADDAD/ Publié le 01/08/2017/ Modifié le 04/08/2017 / Le Point Afrique

http://afrique.lepoint.fr/economie/maroc-2017-sous-le-signe-d-une-embellie-economique-01-08-2017-2147394_2258.php

Résultat de recherche d'images pour "new casablanca, tgv, 2016, 2017"

——————————–

Résultat de recherche d'images pour "kenya e banking, financial, nairobi, 2016, 2017"

2 – L’informel comme levier de croissance pour l’Afrique, le FMI change de paradigme ?

Le FMI vient de publier ses perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne. Dans l’ensemble, la dynamique reste assez modérée en raison d’un contexte toujours morose ce qui nécessitera la prise des mesures vigoureuses afin de redémarrer la croissance.

Si le Fonds a de nouveau insisté sur l’accélération des ajustements budgétaires et le renforcement des réformes structurelles, il a dans son dernier rapport mis en exergue tout le potentiel que peuvent tirer les pays africains de leur secteur informel. Il s’agit là d’un véritable changement de paradigme pour le FMI qui a surtout mis en avant les gains productifs que peuvent induire des politiques adaptées, surtout celles ciblant le tissu des entreprises familiales, composante essentielle de l’économie dite souterraine en Afrique et véritable niche de croissance et de création d’emplois. Décryptage.

Il est bien loin le temps où le Fonds monétaire international (FMI) faisait de la lutte contre le secteur informel, un des préalables pour l’accélération de la croissance des pays africains. Le FMI a certes depuis quelques années tempéré son approche, mais sa dernière analyse sur le rôle de ce secteur dans l’économie africaine traduit un véritable changement de paradigme pour l’institution, un des principaux partenaires financiers du continent.

Dans la dernière édition des Perspectives économiques régionales pour l’Afrique subsaharienne, publié mardi dernier, le Fonds a consacré un focus au secteur informel, « une composante essentielle de la plupart des économies subsahariennes ». Avec une contribution au PIB qui s’échelonne entre 25 % et 65 % un poids estimé entre 30 % et 90 % de l’emploi non-agricole, le rapport a fait ressortir, sur la base d’un benchmaking international, que « la part de l’économie informelle décroît quand le niveau de développement augmente ». De ce fait, la plupart des pays subsahariens devraient donc conserver des secteurs informels importants pendant encore de nombreuses années, « ce qui est à la fois une chance et un défi pour les responsables de la politique économique ». Certains pays, comme l’île Maurice et le Rwanda, ont anticipé sur cette approche, avec des résultats assez positifs comme l’a mis en relief le rapport.

Résultat de recherche d'images pour "afrique, économie, marché, secteur informel, africain, 2016, 2017"

_ Economie souterraine

Selon le FMI, « faciliter la migration des ressources depuis le secteur informel en développant le secteur formel doperait la productivité de l’économie et pourrait fortement contribuer à débloquer une croissance inclusive durable ». Cependant, comme cette transformation sera sans doute lente, il faudrait aussi prévoir des mesures destinées à soutenir les entreprises familiales. Ces dernières constituent en effet  la composante essentielle de l’économie dite souterraine en Afrique et selon le FMI, « elles offrent en effet  un filet de sécurité à ceux qui, sans elles, seraient probablement au chômage ».  Cela d’autant plus qu’en parallèle à la croissance démographique assez soutenue que connait le continent, sa population active s’accroît aussi d’année en année, amplifiant ainsi la pression sur le marché du travail mais aussi les défis socioéconomiques et politiques.

Leave a reply