AFRIQUE/ DEVELOPPEMENT ET MODERNISATION : Cette Afrique qui se modernise et innove…
3 mai 2018  >  By:   >  A LA UNE, DEMAIN L’AFRIQUE, INFORMATIONS GENERALES  >  No Comment   //   777 Views

 

« Science, technologie et innovation en Afrique : L’Afrique possède plusieurs centres de recherche renommés et de structures régionales spécialisées, financés par un certain nombre de pays. Ces centres d’excellence sont conçus pour apporter des solutions scientifiques et innovantes aux défis du développement en Afrique. Cependant, pour parvenir à des résultats tangibles, la recherche scientifique exige de disposer des ressources financières adéquates et d’infrastructures. »

 

 

—————————————

 

Résultat de recherche d'images pour "Afrique, technologies, innovations,"

 

1 – « L’Afrique, futur royaume de l’innovation ? »

 

L’Afrique peut-elle sauter des étapes pour accélérer son développement et s’imposer comme le royaume de l’innovation ? Cette question est au moins aussi vieille que l’iPhone 1. Il est en tout cas évident que la technologie et l’innovation sont en train de transformer le continent. Tout le monde a entendu parler de M-Pesa, ce service de paiement par téléphone portable qui, comme l’iPhone, vient de fêter sa dixième année d’existence et qui a, de facto, propulsé le Kenya au rang de leader mondial de la banque mobile. En Afrique subsaharienne, le téléphone portable fait désormais office de banque pour des millions de personnes qui n’avaient aucun espoir de pouvoir un jour ouvrir un compte bancaire traditionnel.

 

En appuyant sur un simple bouton, les petits exploitants peuvent déterminer le prix de vente de leur production. Mais le téléphone portable sert aussi à acheter de l’énergie solaire, à passer un électrocardiogramme grâce à une tablette médicale au fin fond du Cameroun ou à livrer du sang par drone au Rwanda.

 

Résultat de recherche d'images pour "africa, technologies, innovations, africa, technologies, innovations,"

 

_ Des lacunes inacceptables

Toutefois, ces réussites masquent une réalité moins radieuse. Plusieurs conditions sont nécessaires pour faire de l’Afrique une terre d’innovation : investir massivement dans les infrastructures, instaurer une réglementation favorable à de nouveaux modèles économiques et, bien entendu, mettre l’accent sur la recherche et le développement, ainsi que sur la science et la technologie.

 

Lors d’un voyage dans la province du Guangdong, en Chine, il y a quelques années, j’ai visité l’une des plus grandes usines d’assemblage de téléphones portables au monde. J’ai été surpris de constater que presque tous les jeunes ouvriers que j’ai rencontrés n’avaient qu’un diplôme de fin d’études secondaires mais s’y connaissaient probablement mieux en informatique que la plupart des Africains diplômés d’université. De fait, l’innovation requiert une main-d’œuvre suffisamment formée et un système éducatif solide. Selon le Rapport sur le développement dans le monde consacré à l’éducation, en Afrique la majorité des enfants qui rentrent en sixième ont d’énormes lacunes en lecture et en maths. Ceci est inacceptable.

 

Le Kenya est parvenu à raccorder des écoles rurales très isolées au réseau électrique et à leur fournir un accès à Internet. En 2016, 95 % des écoles du pays avaient l’électricité, contre seulement 43 % en 2013. Plus de 90 000 enseignants ont reçu une formation à l’éducation numérique et l’apprentissage en ligne a été introduit dans plus de 18 000 écoles primaires. Ces investissements porteront leurs fruits. N’oublions pas non plus qu’en Afrique, la moitié des adultes ne sont jamais allés à l’école ou ont uniquement fréquenté l’enseignement primaire. Si l’on veut que personne ne reste sur le bord du chemin, il faut doter ces adultes de compétences informatiques de base. La technologie évolue à un rythme tel que les pays ne peuvent se contenter de rattraper leur retard (la moitié des pays affichant les vitesses de connexion à Internet les plus faibles se trouvent en Afrique subsaharienne).

 

Résultat de recherche d'images pour "africa, technologies, innovations, africa, technologies, innovations,"

 

_ Faire preuve d’audace

D’Accra à Dar es-Salaam, rien ne semble pouvoir arrêter les jeunes qui ont accès à Internet… dès lors qu’ils disposent des financements pour déployer tout leur potentiel. Rappelons que les start-up africaines ont levé 129 millions de dollars (environ 122 millions d’euros) de financements en 2016. Il s’agit certes d’un montant honorable, mais ce n’est qu’une goutte d’eau par rapport aux sommes dont ils auraient besoin. Sur l’ensemble du continent, je rencontre des jeunes entrepreneurs talentueux, qui sont en train de changer leur pays, start-up après start-up. Dès qu’ils voient un problème, ils essaient d’y remédier. En trouvant des solutions locales, ils pourraient devenir l’une des principales sources de création d’emplois dans leur pays. Qu’il s’agisse de petites start-up ou de grands projets d’infrastructures visant à électrifier le continent, par exemple, le principal obstacle reste souvent le manque de financements.

 

Les énergies renouvelables confèrent à l’Afrique une occasion unique de se développer. Saura-t-elle la saisir ? Elle devra investir massivement dans ce secteur, moderniser les entreprises publiques, la réglementation et les moyens de financement. Des mécanismes de financement non conventionnels peuvent s’avérer utiles, par exemple dans le domaine des infrastructures. La Banque mondiale a un rôle à jouer dans ce processus : nous atténuons le risque pays à l’aide de différents outils, tels que les garanties, ce qui permet d’attirer des investissements internationaux de qualité et des financements locaux.

 

Toutes les tentatives n’aboutiront pas. Les pays africains, le secteur privé et les partenaires de développement doivent être prêts à prendre des risques et à apprendre de leurs échecs. Mais une chose est sûre : nous devons faire preuve d’audace et considérer les obstacles comme des opportunités. Ce n’est qu’ainsi, et en créant un environnement propice à la diffusion des technologies, que l’Afrique pourra mettre à profit l’innovation et s’approprier le XXIe siècle.

 

Cette tribune a été publiée dans Le Monde// TRIBUNE 20 octobre 2017/ Banque mondiale/ Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale pour l’AfriqueChina Daily

 

http://www.banquemondiale.org/fr/news/opinion/2017/10/11/africa-can-enjoy-leapfrog-development

 

Résultat de recherche d'images pour "Afrique, accès à l'électricité"

 

————————————

 

Résultat de recherche d'images pour "morocco mall, 2017, 2018"

 

2 – L’innovation pour porter le développement du continent africain

 

Nairobi, la capitale kényane, accueillera le 6 mars prochain The Economist Innovation Summit parrainé par la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA). L’événement qui réunira des d’acteurs du numérique, notamment des startups et des investisseurs, offrira une tribune à ces derniers pour s’assurer que l’avenir de l’Afrique est étroitement lié à l’innovation. Il s’agira pour les organisateurs de voir comment l’Afrique peut réaliser son potentiel numérique, et de ce fait dépasser ses retards tels que le mauvais état des infrastructures,  les pénuries de compétences, une gouvernance faible et une dépendance aux produits de base.

 

Pour le Directeur Général de la BADEA, Dr Sidi Ould Tah, si l’on en juge les avancées notées sur le continent, « l’Afrique possède un atout potentiel au-dessus de toutes les autres régions du monde. Avec le plus grand nombre de jeunes, qui deviendra la main-d’œuvre la plus nombreuse de Chine et d’Inde d’ici 2034, et qui rajeunira au cours de ce siècle, le continent fera ses adieux à la population vieillissante des pays les plus industrialisés au fil du temps. Si cette transparence est transformée du potentiel en actif réel, la négativité et les perceptions établies sur l’avenir de l’Afrique changeront radicalement ».

 

Résultat de recherche d'images pour "Accra, Ghana Cyber City"

Ghana Cyber City

 

Seulement, l’innovation requiert une main-d’œuvre suffisamment formée et un système éducatif solide. D’où l’impératif pour nos dirigeants de s’interroger sur la cohérence du système éducatif et sa capacité à stimuler la créativité humaine, l’éducation citoyenne et le renouveau des forces productives afin de répondre aux défis de l’heure. Il parait dès lors évident que le continent africain offre un potentiel, mais la question demeure: comment sera-t-elle réalisée? Les gouvernements africains en font-ils assez pour améliorer les infrastructures, former leur main-d’œuvre, moderniser la réglementation et assurer une croissance inclusive, créer un meilleur climat des affaires et stimuler le commerce? Autant de questions que met en exergue le patron de la BADEA.

 

A noter que sur le continent, il existe des exemples d’innovations technologiques percutantes dans les domaines de la finance, de l’agriculture et de la santé. La banque mobile continue de prospérer sur le continent après avoir été maîtrisée par la plate-forme M-Pesa. Le continent est un leader dans ce domaine, tout comme l’introduction des systèmes d’assurance électronique. Ainsi il est opportun de se demander si les entreprises et autres startups sont capables d’innover innover et capitaliser sur les avancées technologiques pour étendre leurs activités à travers le continent et ainsi devenir des moteurs de la croissance future.

 

Par Amadjiguéne Ndoye/ 26 février, 2018/

 

https://www.financialafrik.com/2018/02/26/linnovation-pour-porter-le-developpement-du-continent-africain/

 

Résultat de recherche d'images pour "africa, technologies, innovations, medical, science, africa"

 

————————————

 

Résultat de recherche d'images pour "nigeria, electricity, mega central, electricity, nigeria"

 

3 – Afrique : la bataille de l’accès à l’énergie se joue maintenant

 

Pour la Cnuced, le continent africain doit faire preuve d’ambitions dans sa politique énergétique s’il veut assurer son décollage économique. « Plus de 40 % des entreprises [dans les pays les moins avancés, NDLR] sont freinées dans leurs activités de production par un approvisionnement en électricité inadéquat, peu fiable et trop coûteux. Chaque mois, les entreprises subissent en moyenne dix coupures de courant d’une durée approximative de cinq heures chacune, qui leur coûtent 7 % de leur chiffre d’affaires. » Le constat de la Cnuced (Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement) est simple : pas de développement industriel, technologique ou agricole sans énergie.

 

Résultat de recherche d'images pour "africa, electricity,"

 

_ Une pauvreté énergétique alarmante

Aujourd’hui, les 47 pays les moins avancés (PMA), dont 33 sont en Afrique, sont en train de prendre un retard considérable par rapport au reste du monde en développement pour ce qui est de l’accès des ménages et des entreprises à l’énergie. Malgré les progrès importants qu’ils ont réalisés ces dernières années, ces pays devraient augmenter leur taux d’électrification de 350 % par an pour atteindre l’objectif mondial de l’accès universel à l’énergie d’ici à 2030. « Il faut retenir deux choses pour l’Afrique : que les défis sont énormes et que les déficits sont immenses. Les besoins d’investissements sont absolument gigantesques », explique Rolf Traeger, chef de la section des pays les moins avancés au service de la recherche et des analyses politiques de la Cnuced. Alors, est-ce trop tard pour réagir et pourquoi faire ce constat maintenant ?

 

Pour Élisabeth Claverie de Saint-Martin, directrice adjointe du développement durable au ministère français des Affaires étrangères, il est urgent de placer cette question en haut des priorités, car les difficultés s’accumulent pour les États et les entreprises installées en Afrique. Elle révèle que les coûts de transactions élevés ajoutés à l’incertitude sur l’achat d’électricité freinent le développement de l’accès à l’énergie sur le continent africain. « C’est bien de produire, mais il faut avoir des acheteurs en face. Les industriels, quand ils viennent en Afrique, ils viennent avec leur propre capacité de génération d’électricité. Comme il y a des coupures, ils adossent aux structures productives des structures de production de l’électricité. Or, ce sont eux les clients solvables. »

 

Résultat de recherche d'images pour "algeria, electricity, new mega central, electricity, algeria"

 

_ Les États de plus en plus impliqués dans la planification

Rolf Traeger, qui a présenté le rapport quelques minutes plus tôt ce lundi 22 janvier au sein du ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères devant quelques représentations diplomatiques des pays concernés, a pourtant l’air optimiste. Il développe : « Ce qui est plutôt optimiste, c’est qu’il y a de l’innovation technologique, de l’innovation institutionnelle, de nouveaux acteurs qu’il faut maintenant rassembler pour mobiliser les nouveaux mécanismes de financement. » Mais il souligne qu’il faut qu’il y ait un cadre. « Il faudrait intégrer ces acteurs dans un contexte de plan de développement national où la transformation de la structure de l’économie est la priorité. Donc, ce n’est pas de l’énergie pour de l’énergie, mais l’énergie au service de la transformation structurelle de l’économie », détaille l’homme venu de Genève.

 

Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il sera trop onéreux pour les PMA de se doter de l’accès à l’énergie moderne d’ici à 2030. Et d’après le rapport, les ressources actuellement disponibles sont loin de suffire. Le montant total de l’aide publique au développement affectée au secteur énergétique s’élève à seulement 3 milliards de dollars par an. De plus, la plupart des PMA n’ont que peu de ressources intérieures à consacrer aux investissements publics et doivent limiter leurs emprunts pour éviter le surendettement. C’est là qu’intervient la planification. Nicolas Guichard, responsable adjoint de la division énergie de l’AFD, sait de quoi il parle puisque l’Agence française de développement est engagée sur le terrain de l’accès à l’énergie en Afrique depuis de nombreuses années. Il a constaté une évolution dans l’approche même du sujet. Aujourd’hui, force est de constater qu’il n’y a plus d’idéologie dans la vision que peut porter un organisme comme l’AFD.

 

Il avertit : « Attention aux stratégies des États qui sont menées avec une idéologie derrière. » En effet, beaucoup de gouvernements ont voulu s’emparer de la gestion de leurs entreprises d’électricité avec des méthodes assez diversifiées, mais qui vont toujours dans le même sens de la séparation des activités avec des contrats de cession gérés en externe. « Nous, là-dessus, on essaie plutôt de renforcer cet aspect accompagnement des sociétés, en étant sur le sujet plutôt pragmatiques et terre-à-terre de l’amélioration des performances en tant que telles. Donc, vraiment travailler sur les sujets : réseaux, mix, demande, diversification, etc., améliorer les systèmes de gestion, travailler sur les sujets de fond. Car sur les sujets de réformes, il faut voir selon les pays, il y en a déjà beaucoup qui vont loin, peut-être trop loin ? » interroge Nicolas Guichard.

 

Image associée

 

Source ADB et World Bank : http://afrique.lepoint.fr/economie/afrique-la-bataille-de-l-acces-a-l-energie-se-joue-maintenant-24-01-2018-2189424_2258.php/

 

Cette différence apparente de stratégie entre les pays africains s’explique principalement par le fait que les situations sont très disparates qu’on soit au nord ou au sud du continent. Sur l’ensemble du continent, plus de la moitié des 54 pays africains affichent un taux d’électrification de moins de 20 %. Mais ces taux atteignent 85 % en Afrique du Sud, et seulement 3 % pour la Centrafrique, 4 % pour le Tchad ou encore 9 % pour la RD Congo. Tout en tenant compte du fait des disparités géographiques internes aux pays, puisque le taux est de seulement 14 % en zone rurale.

 

Résultat de recherche d'images pour "ethiopia, electricity, mega central, electricity, ethiopia"

 

_ « Créer un cercle vertueux »

Mais certains parviennent à tirer leur épingle du jeu. C’est le cas de l’Éthiopie, « qui a une politique volontaire. Ce pays est en train de développer ses industries de transformation, et en même temps, c’est un pays qui met le paquet dans le secteur de l’énergie. En fait, tout cela a permis à l’Éthiopie de renforcer sa capacité de génération de transmission d’énergie qui, à son tour, va alimenter ces nouvelles industries et ses nouveaux secteurs d’activité », explique Rolf Traeger. Ce dernier se refuse de parler pour autant de pays modèles, préférant mettre l’accent sur ces quelques États africains qui ont mis en place un cercle vertueux. « Ce sont les activités de modernisation de l’agriculture, dans le secteur des services et des industries qui génèrent la demande qui justifie l’investissement dans la génération de transmission d’énergie, notamment l’électricité. Il faut agir des deux côtés, car c’est l’un qui renforce l’autre », conclut-il.

 

Si les États commencent à jouer leur rôle, le maillon manquant reste le secteur privé. Comment faire pour que les entreprises changent leurs logiciels en regardant plus les opportunités que les risques ?

C’est la question que s’est posée la PME française Enekio, basée à Montpellier. Son cofondateur Franck Lesueur explique : « En fait, la réflexion s’est inversée. La question n’est plus où aller chercher l’argent. Ce qui nous a confortés dans notre installation au Sénégal, c’est qu’il y a eu un président élu en 2012, Macky Sall qui a une vision sur les cinq ou sept prochaines années, et qu’il a appelé le Plan Sénégal émergent. À travers lui, c’est le développement endogène du pays qui est en jeu », avance Franck Lesueur, qui opère aussi au Moyen-Orient. « Le président sénégalais s’est dit : Je peux modifier les structures du pays en modifiant certaines réglementations pour permettre le développement du Sénégal par les Sénégalais, c’est pourquoi on s’est mis tout de suite dans le PSE en créant Enekio Sénégal. »

 

Résultat de recherche d'images pour "senegal, électricité, accès à l'électricité, senegal"

 

_ Le secteur privé voit les opportunités

Aujourd’hui, seuls 33 % des 10 millions d’habitants du Sénégal ont accès à l’électricité avec un taux de couverture de 57 % en milieu urbain et de 10 % en milieu rural (Commission de la régulation du secteur de l’électricité du Sénégal). Et bien que le potentiel des PMA en matière d’énergies renouvelables soit considérable, les énergies éolienne et solaire ne peuvent suffire, à elles seules, à répondre à tous leurs besoins. Il faut donc travailler sur des solutions où l’efficacité énergétique occupe une place centrale.

 

C’est ce qu’a proposé Enekio aux 300 villages visités au Sénégal autour de Dakar, la capitale. L’objectif était surtout de comprendre et de déterminer les besoins des personnes dans ces villages, d’évaluer leur capacité financière, non pas à l’instant T, mais en ayant calculé en amont ce qu’ils gagneraient s’ils avaient une activité économique. C’est ainsi qu’ils ont installé des éclairages publics à Thiès, permis l’électrification de la région de Tambacounda, ainsi que le déploiement de centrales solaires à Sandiara.

 

Le système permet d’agir sur les flux d’énergie qu’on règle à distance. Au total, ce sont 265 000 bénéficiaires pour 36 mégawatts d’énergie. « L’analyse du pays était favorable pour pouvoir travailler sur la problématique principale du financement », poursuit Franck Lesueur. « La solution a été de regrouper tous ces villages et de présenter à ces bailleurs de fonds un seul projet. » Élisabeth Claverie de Saint-Martin ajoute qu’à l’AFD ce changement de vision venu du terrain a aussi été bien intégré par l’AFD qui propose désormais de nouveaux outils de financement, comme les prêts dits non souverains. Ces aides peuvent se faire directement de l’Agence française au privé sans passer par un gouvernement.

 

PAR VIVIANE FORSON/ Publié le 24/01/2018/ Le Point Afrique

 

http://afrique.lepoint.fr/economie/afrique-la-bataille-de-l-acces-a-l-energie-se-joue-maintenant-24-01-2018-2189424_2258.php

 

Résultat de recherche d'images pour "africa, technologies, innovations, energy, energy power, africa"

 

————————————

 

Résultat de recherche d'images pour "africa, oil industries, new investments, africa"

 

4 – Pour développer ses infrastructures, l’Afrique a encore besoin de fonds d’investissement étrangers

 

Maintenant que la Réserve fédérale des États-Unis (Fed) commence à réduire son bilan en tournant la page du stimulus monétaire entamé il y a près d’une décennie, les économies émergentes s’inquiètent du fait qu’un dollar plus fort aura des conséquences négatives sur leur capacité à honorer leurs dettes libellées dans cette devise. Cette préoccupation est particulièrement forte en Afrique où, depuis que les Seychelles ont émis leurs premières euro-obligations en 2006, le total des montants dus sur les euro-obligations s’élèvent à près de 35 milliards de dollars.

 

Mais si le resserrement par la Fed de sa politique monétaire met à rude épreuve les nerfs des gouvernements africains, il a également fait prendre conscience qu’il existe des moyens plus intelligents de financer le développement qu’emprunter en dollars. De toutes les options possibles, une classe d’actif spécifique retient l’attention : les infrastructures. Le continent africain, qui d’ici 2050 abritera quelques 2,6 milliards d’individus, a cruellement besoin de financement pour construire et entretenir les routes, ports, réseaux électriques et autres. Selon la Banque mondiale, l’Afrique devrait dépenser la somme phénoménale de 93 milliards de dollars, par an, rien que pour moderniser ses infrastructures existantes ; la plus grande partie de cet argent – 87 pour cent – doit être consacrée à l’amélioration des services de base comme l’énergie, l’eau potable, l’assainissement et les transports.

 

Mais si l’on se réfère aux dernières années, réunir les capitaux nécessaires sera une tâche ardue. Entre 2004 et 2013, les États africains n’ont conclu que 158 accords de financement de projets industriels ou d’infrastructures, à hauteur de 59 milliards de dollars – soit seulement 5 pour cent du montant retenu. A la lumière de ce bilan, comme l’Afrique financera-t-elle ne serait-ce qu’une fraction des besoins prévus par la Banque mondiale ?

 

Résultat de recherche d'images pour "Addis Ababa Adama (Nazareth) Expressway"

 

Les investissements institutionnels et étrangers sont la première réponse qui vient à l’esprit. Mais à ce jour, de nombreux facteurs, dont des estimations de faible rentabilité et l’instabilité politique, ont limité ce type de financement pour les projets d’infrastructures du continent. Investir dans les infrastructures en Afrique est perçu comme simplement trop risqué. Heureusement, avec un peu d’efforts, cette perception peut être surmontée, comme l’ont déjà démontré certains investisseurs, dont la Banque africaine de développement, la Banque de développement de l’Afrique australe et la Banque de l’Afrique orientale et australe pour le commerce et le développement.

 

Des entreprises du secteur privé financent également des projets rentables sur le continent. Le fonds Black Rhino, par exemple, créé par Blackstone, l’une des plus grandes sociétés mondiales de capital-investissement, s’attache à acquérir et à développer des projets dans le secteur de l’énergie, avec notamment des centres de stockage des produits pétroliers, des oléoducs et des réseaux de distribution.

 

Mais il s’agit d’exceptions à la règle. Il faudra trouver bien plus d’investisseurs, et rapidement, pour remédier au déficit d’infrastructures en Afrique.

Pour séduire les investisseurs, les pays africains doivent développer une approche plus coordonnée et cohérente et réduire l’exposition de ces investisseurs aux risques. Des collaborations entre les secteurs privé et public sont une des possibilités. Dans le secteur de l’énergie par exemple, des producteurs d’électricité indépendants coopèrent avec les gouvernements pour fournir du courant à 620 millions d’Africains qui ne sont pas raccordés au réseau. Ces producteurs, à financement privé mais réglementés par les États, opèrent dans le cadre d’accords de rachat d’électricité qui prévoient que les organismes et les services publics achètent l’électricité à un prix prédéterminé. L’Afrique subsaharienne compte environ 130 producteurs de ce genre, valorisés à hauteur de 8 milliards de dollars. Rien qu’en Afrique du Sud, 47 projets sont en cours de développement dans ce secteur et devraient produire 7000 mégawatts d’électricité supplémentaire.

 

Résultat de recherche d'images pour "world bank, africa, projects, 2017, 2018"

 

Des partenariats public-privé similaires émergent également dans d’autres secteurs, notamment les transports. Les routes à péage construites au moyen de financements privés, un modèle initialement appliqué en Afrique du Sud, sont l’un des projets les plus prometteurs. Ces initiatives, qui commencent lentement à se développer ailleurs dans le continent, ne sont pas seulement plus rentables que la plupart des placements financiers, elles ouvrent littéralement la voie à une croissance future.

 

Mais l’Afrique a clairement besoin d’un bien plus grand nombre de projets de ce genre pour combler son déficit en infrastructures. C’est la raison pour laquelle moi-même et d’autres chefs d’entreprise et législateurs africains avons appelé les investisseurs institutionnels à consacrer 5 pour cent de leurs fonds au développement d’infrastructures locales. Nous pensons qu’avec des incitations adéquates, les infrastructures peuvent être une classe d’actifs novatrice et attrayante, en particulier pour les institutions ayant des passifs à long terme. Les fonds de pension du continent, qui détiennent ensemble des actifs sous gestion à hauteur de 300 milliards de dollars, sont l’une des industries qui pourrait ouvrir la voie dans ce domaine.

 

Résultat de recherche d'images pour "world bank, africa, projects, 2017, 2018"

 

La campagne Agenda 5%, lancée à New York le mois dernier, traduit la conviction que seule une approche public-privé peut remédier au déficit en infrastructures de l’Afrique. Pendant des années, l’absence de projets rentables a découragé les investissements internationaux. Mais l’adoption en 2012 par l’Union africaine du Programme de développement des infrastructures en Afrique a donné naissance à plus de 400 projets dans les secteurs de l’énergie, des transports, de l’eau et des communications. C’est un bon début – sur lequel l’Agenda5% compte capitaliser.

 

Mais certaines réformes indispensables doivent aussi être mises en œuvre. L’une des priorités de l’Agenda5% est de contribuer à l’actualisation des cadres réglementaires nationaux et régionaux qui régissent l’investissement institutionnel en Afrique. De nouveaux produits financiers doivent également être développés pour donner la possibilité aux détenteurs d’actifs d’allouer directement des capitaux aux projets d’infrastructures.

 

Débloquer de nouvelles sources de capitaux contribuera à créer des emplois, à encourager l’intégration régionale et à s’assurer que l’Afrique se dote de moyens qui répondront aux besoins des générations futures. Mais tout ceci dépend de la capacité à persuader les investisseurs d’allouer des fonds aux projets africains. En tant que dirigeants d’entreprise et législateurs, nous devons nous assurer que les conditions propices à la rentabilité et leurs conséquences sociales ne s’excluent pas mutuellement. Lorsque les objectifs du développement et les bénéfices induits sont alignés, tout le monde y gagne.

 

06 nov. 2017/

 

https://www.weforum.org/fr/agenda/2017/11/pour-developper-ses-infrastructures-lafrique-a-encore-besoin-de-fonds-dinvestissement-etrangers-535cfde7-ed59-412f-8830-10338b3edc1d

 

Image associée

 

————————————

 

Résultat de recherche d'images pour "Afrique, technologies, innovations, énergie, industries, Afrique, technologies, innovation"

 

5 – Science, technologie et innovation en Afrique : Renforcer la collaboration régionale sur les réseaux spécialisés dans les STI, l’éducation et la recherche

 

La recherche scientifique et la technologie sont appelées à jouer dans les années à venir un rôle considérable dans la dynamique de développement et d’industrialisation. Elles sont d’importance stratégique pour l’industrialisation de l’Afrique, qu’elles peuvent aider à passer directement à la quatrième révolution industrielle. Le renforcement de la collaboration régionale sur les réseaux relatifs à la science, la technologie et l’innovation (STI), à l’éducation et à la recherche était le thème d’une table ronde, dimanche 11 février 2018, dans le cadre du troisième Forum africain pour la science, la technologie et l’innovation, qui se déroulait au Caire, en Égypte, du 10 au 12 févier 2018.

 

L’Afrique possède plusieurs centres de recherche renommés et de structures régionales spécialisées, financés par un certain nombre de pays. Ces centres d’excellence sont conçus pour apporter des solutions scientifiques et innovantes aux défis du développement en Afrique. Cependant, pour parvenir à des résultats tangibles, la recherche scientifique exige de disposer des ressources financières adéquates et d’infrastructures.

 

Résultat de recherche d'images pour "Afrique, technologies, innovations, énergie, industries, Afrique, technologies, innovation"

 

De l’avis de Kasirim Nwuke, responsable des nouvelles technologies et de l’innovation à la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique, pour parvenir à s’intégrer, les pays doivent commencer par évaluer les conditions de compétitivité qui règnent dans les États membres et aborder les aspects politiques qui devraient y être menées. Il est capital pour les centres de recherche du continent de rester connectés entre eux et de continuer à avoir accès aux résultats de recherche obtenus dans les différentes régions, a argué quant à lui Boubakar Barry, le directeur général du Réseau ouest et centre africain de recherche en éducation. Les TIC en offrent l’opportunité.

 

Le professeur Nelson Torto, directeur général de l’Académie africaine des sciences, a souligné le rôle de mobilisation qu’exerce son institution à travers le continent, outre les prix qu’elle attribue à des réalisations scientifiques. Fondée par un groupe d’éminents scientifiques d’Afrique, elle est financée par un certain nombre de pays ainsi que par des subventions reçues de différents organismes internationaux. L’Académie compte 400 membres, dont un tiers de femmes.

 

La Banque mondiale soutient ces efforts par le biais d’un centre d’excellence créé dans le cadre d’une initiative régionale. « Le centre vise à répondre aux demandes du marché du travail, et à fournir des solutions à caractère scientifique aux problèmes de développement », a expliqué Javier Botero Alvarez, spécialiste principal de l’éducation à la Division des pratiques globales en matière d’éducation à la Banque mondiale. Cet objectif sera atteint en renforçant les capacités d’universités, sélectionnées dans plusieurs pays après avoir été mises en compétition. Le centre couvre dix secteurs prioritaires et seize pays. L’initiative devrait avoir un impact positif sur l’industrie, améliorer l’atout que représentent les compétences en STIM et renforcer les systèmes nationaux FPET.

 

Résultat de recherche d'images pour "Afrique, technologies, innovations,"

 

D’autre part, le Rapport sur le renforcement des capacités de l’Afrique, un document phare de la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique, indique que plus de 70 % des pays africains pensent que la science, la technologie et l’innovation sont d’une importance fondamentale pour leur développement, quel qu’il soit. Cependant, aucun n’investit le 1 % de PIB convenu pour financer la recherche scientifique. Malheureusement, les efforts actuels dans ce domaine sont en ordre dispersé et les centres de recherche travaillent en vase clos. Sans coordination, harmonisation de la plate-forme technique, sans une cartographie des capacités et un échange de connaissances et d’expérience, il sera difficile pour l’Afrique d’atteindre les objectifs en matière de développement des capacités. L’Agenda de développement 2063 de l’Union africaine a établi une feuille de route qui repose sur des politiques, le développement des compétences et de la recherche.

 

Si les pays africains ne consacrent pas plus de ressources et ne collaborent pas entre eux en ces domaines, l’industrialisation de l’Afrique ne pourra se faire. Thomas Munthali, directeur des connaissances et de l’apprentissage à la Fondation pour le renforcement des capacités en Afrique, a clôturé la session par ces mots, exprimant le souhait que le prochain forum voie l’accomplissement de résultats significatifs.

 

16/02/2018/

 

https://www.afdb.org/fr/news-and-events/strengthening-regional-collaboration-on-sti-education-research-networks-in-africa-17853/

 

 

————————————

 

 

Leave a reply