AFRIQUE/ CORRUPTION : échec relatif des efforts de lutte contre les fraudes et les corruptions
27 décembre 2018  >  By:   >  A LA UNE, DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE ET SOCIAL, ECONOMIE AFRIQUE  >  No Comment   //   494 Views

 

« Politique/ Corruption en Afrique : Depuis 1995, Transparency International établit un classement de l’ensemble des pays selon l’indice de perception de la corruption (IPC). Le constat dressé dans son rapport 2017 est sans ambiguïté : « La majorité des pays font peu ou pas de progrès pour mettre fin à la corruption ». Et la majeure partie des pays africains sont très mal classés. En 2017, le continent africain reste la région la plus mal classée en terme de perception de la corruption, avec un score de 32, sur une échelle de 100. Les deux pays les plus mal classés par Transparency International sont africains : le Soudan du Sud et la Somalie. Et le premier pays d’Afrique subsaharienne à apparaître dans le classement est à la 34e place, sur 180 pays : le Botswana. Viennent ensuite les Seychelles (36e), le Cap-Vert et le Rwanda (respectivement 47e et 48e), avant la Namibie (53e) et le Sénégal (66e). »

 

Résultat de recherche d'images pour "mauritius, new city, port louis city,"

 

——————————–

 

Résultat de recherche d'images pour "Afrique,Union africaine, Union africaine, Union africaine, addis abeba,"

 

1 – Politique/ Corruption en Afrique : comment se place votre pays dans le classement de Transparency ?

 

Depuis 1995, Transparency International établit un classement de l’ensemble des pays selon l’indice de perception de la corruption (IPC). Le constat dressé dans son rapport 2017 est sans ambiguïté : « La majorité des pays font peu ou pas de progrès pour mettre fin à la corruption ». Et la majeure partie des pays africains sont très mal classés. En 2017, le continent africain reste la région la plus mal classée en terme de perception de la corruption, avec un score de 32, sur une échelle de 100. Les deux pays les plus mal classés par Transparency International sont africains : le Soudan du Sud et la Somalie. Et le premier pays d’Afrique subsaharienne à apparaître dans le classement est à la 34e place, sur 180 pays : le Botswana. Viennent ensuite les Seychelles (36e), le Cap-Vert et le Rwanda (respectivement 47e et 48e), avant la Namibie (53e) et le Sénégal (66e).

 

Un – mauvais – bilan que déplore l’ONG, qui remarque que « cette piètre performance n’est pas nouvelle » au regard des résultats observés dans les précédents rapports. Et pour Transparency International, il y a un lien « entre les niveaux de corruption, la défense des libertés de journalistes, et l’engagement de la société civile ». Un chiffre éloquent : en 2017, plus de 9 journalistes sur 10 qui ont été tués dans le monde l’ont été dans des pays dont le score est inférieur ou égal à 45.

 

Image associée

 

  • L’importance du leadership : Botswana, Rwanda et Cap Vert

Pour le continent africain, Transparency International observe que, pour les pays qui se hissent dans le haut du classement, ont en commun un « leadership politique qui est constamment engagé dans la lutte contre la corruption ». « De l’application stricte par le président Paul Kagame du code de conduite au Rwanda (48ème du classement) à la promotion ouverte du président Jorge Fonseca de la transparence institutionnelle dans l’approche innovante du Cap Vert (48ème) ou du président Ian Khama de « l’ intégration de la lutte contre la corruption » au Botswana (34ème), ces pays ont appris mieux dans leurs communautés et poursuivi ces tactiques avec engagement », écrivent les auteurs du rapport. Pour Transparency International, au-delà des législations anticorruption, les pays qui s’en sortent le mieux sont ceux qui font « l’étape supplémentaire pour assurer l’implémentation », la mise en oeuvre effective, de ces lois.

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, lutte contre la corruption, Côte d’Ivoire, Sénégal"

 

  • Renforcer les dispositifs législatifs : Côte d’Ivoire et Sénégal

La Côte d’Ivoire est passée de 27 à 36 entre 2013 et 2017, une amélioration due à la tenue des « promesses électorales [d’Alassane Ouattara qui] a adopté une loi sur la prévention et la répression de la corruption, mis en place une autorité nationale de lutte contre la corruption, et poursuivi le respect de certaines initiatives internationales, telles que l’Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE). » Le pays se hisse désormais à la 103e place au classement mondial.

 

L’arrivée de Macky Sall au pouvoir a également influé sur l’indice du Sénégal. L’IPC du pays a en effet augmenté de 36 à 45 au cours des six dernières années, le classant désormais au 66e rang. Une remontée due notamment à la création d’un ministère de la Bonne gouvernance – rattaché au ministère de l’Enfance, confié à Ndèye Ramatoulaye Guèye Diop – et à la création de l’Office national de lutte contre la fraude et corruption (OFNAC).

 

Image associée

 

  • L’Union africaine doit se saisir du problème

En dépit des résultats encourageants de certains pionniers, la situation s’aggrave pourtant en Afrique. C’est le cas au Liberia, qui a perdu 10 points sur l’IPC depuis 2012. Le pays est désormais 128e sur le classement global. Un constat pour lequel l’ancienne présidente Ellen Sirleaf Johnson a pris la responsabilité lors de son dernier discours à la nation. La République démocratique du Congo n’est pas épargnée. En perdant cinq places par rapport à 2016, elle se situe désormais à la 161e position au classement global. La corruption dans le secteur des mines, explique en partie ce résultat. Globalement, Transparency International souligne que les guerres et conflits en Afrique restent l’un des obstacles majeurs à une évolution favorable de la corruption.

 

À la fin de son rapport, l’ONG interpelle l’Union africaine, dont le leitmotiv affiché pour 2018 est : « Gagner la bataille contre la corruption : une voie durable vers la transformation de l’Afrique ». Transparency International enjoint à l’institution de « demander à tous ses dirigeants un engagement visible en faveur de la lutte contre la corruption », et en particulier « d’envisager des investissements dans des pays qui luttent historiquement contre les efforts de lutte contre la corruption et montrent peu ou pas de progrès ». Et en particulier la Somalie et le Soudan du Sud.

 

Résultat de recherche d'images pour "Afrique – Transparency International (21 février 2018) by jeuneafrique on Scribd"

 

_ Afrique/ Transparency International (21 février 2018) by jeuneafrique on Scribd

 

17757387 1919376958281613 5548316572137703945 n 6

 

17757537 1919376421615000 8817975025104595067 n 8

 

22 février 2018 / Par Solène Leroux/ Mis à jour le 26 février 2018/

 

https://www.jeuneafrique.com/534792/politique/corruption-en-afrique-comment-se-place-votre-pays-dans-le-classement-de-transparency/

 

Résultat de recherche d'images pour "Afrique/ Transparency International (21 février 2018)"

 

——————————-

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, lutte contre la corruption, afrique, gouvernance, 2017, 2018, afrique"

 

2 – Lutte contre la corruption en Afrique : des paroles, en attendant les actes !

 

C’est le thème principal du 31e sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine (UA) qui a décidé de faire de cette année, celle de la lutte contre la corruption. A Nouakchott, il y a eu certes le rapport d’étape du champion de la question, le nigérian Muhammadu Buhari, ainsi que la prise de parole de plusieurs dirigeants africains mais aucune décision d’importance majeure n’a été prise.

 

Du déjà vu ! C’est largement le sentiment qui s’est dégagé à la fin des travaux du 31e sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union Africain (UA) sur la question de la lutte contre la corruption. C’était pourtant sous le thème, «remporter la lutte contre la corruption, une voie durable vers la transformation de l’Afrique» que s’est tenu le sommet et la dernière journée du conclave des chefs d’Etat a été d’ailleurs consacré à ce fléau qui «entrave le développement du continent» selon les mots mêmes de l’hôte du sommet, le président Mohamed Ould Abdelaziz.

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, lutte contre la corruption, président Mohamed Ould Abdelaziz."

 

Autant dire que les attentes étaient immenses au sein de l’opinion africaine d’autant que l’année 2018 a été placée par l’UA comme celle de la lutte contre la corruption. Un engagement politique fort donc mais qui n’a malheureusement pas abouti à des décisions concrètes si ce n’est le rappel des conséquences sur l’agenda de transformation économique de la corruption, «le pire mal de l’Afrique» selon Muhammdu Buhari, commis par ses pairs pour chapeauter le processus d’atténuation du fléau.

 

Le président nigérian a d’ailleurs présenté un bilan à mi-parcours de ce qui a été fait depuis le dernier sommet d’Addis Abeba de janvier dernier au cours duquel les dirigeants africains se sont engagés à faire de cette problématique une priorité. A l’évidence, le bilan est assez maigre vu qu’aucune avancée notable qui va au-delà des réunions ou engagements n’a été enregistrée. «Alors que nous continuons de commémorer l’année africaine de la lutte contre la corruption, le fléau des flux financiers illicites continue de remettre en cause nos acquis et nos aspirations inscrits dans l’Agenda 2063 de l’Union africaine et des Objectifs de développement durable des Nations Unies» a mis en exergue le président nigérian qui a plaidé pour plus d’engagement de la part des Etats et surtout un renforcement de la coopération et des échanges des bonnes pratiques entre les pays du continent.

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, lutte contre la corruption, afrique, gouvernance, 2017, 2018, afrique"

 

_ Rapatriement des fonds illicites, un autre défi pour le continent

Dans son rapport, le chef de l’Etat nigérian a plaidé pour le rapatriement des avoirs volés et placés dans des comptes à l’étranger tout en insistant sur la nécessité de mettre fin aux complexes et difficiles formalités et procédures juridiques. De l’avis de Buhari, qui se base sur l’expérience qu’il est en train de mener dans son pays mais qui reste confronté à d’énormes obstacles, c’est aussi un enjeu majeur dans le cadre de la lutte contre la corruption.

 

Des échanges ont certes été menés durant le huis-clos et la présentation du rapport et des mesures ont été annoncées à travers des résolutions adoptées à la fin du sommet. Elles visent notamment à créer un mécanisme de suivi permettant la lutte contre la corruption à l’intérieur des Etats et à l’échelle transnationale mais devant le peu de volonté politique sur le terrain, ces mesures s’annoncent comme de nouvelles promesses en l’air. C’est du reste ce qu’a presque avoué le président de la Commission de l’UA, Moussa Mahamat-Faki, en soulignant que la lutte contre la corruption est un combat difficile et qui requiert surtout un engagement permanent de tous les acteurs concernés.

 

Résultat de recherche d'images pour "Afrique, union africaine, lutte contre la corruption, 2017, 2018"

 

Le président de la commission de l’UA a estimé aussi nécessaire de rappeler aux dirigeants africains que le combat contre la corruption doit être global si l’on tient compte du fait qu’en 2018 encore la corruption prive l’Afrique de près de 50 milliards de dollars chaque année. «Tous les pays africains sont concernées, d’une manière ou d’une autre, à des échelles plus au moins grandes» a ajouté l’ancien premier ministre tchadien qui se veut pragmatique et surtout pédagogue pour ne pas effleurer les sensibilités.

 

«La corruption est un phénomène général et non pas uniquement africain, et le processus de lutte contre ce fléau, sur lequel l’UA travaille en étroite collaboration avec les Etats membres, est extrêmement difficile. C’est un combat de tous les jours et qui concerne tout le monde d’où la nécessité d’une coopération renforcée entre les administrations nationales des pays africains et les institutions financières pour notamment lutter contre les flux financiers illicites» a estimé Moussa Faki-Mahamat lors de la conférence de presse de clôture du sommet.

 

Résultat de recherche d'images pour "Afrique, union africaine, lutte contre la corruption, 2017, 2018"

 

_ Des paroles en attendant des actes

Plusieurs dirigeants africains ont été invités à s’exprimer sur le sujet comme c’est le cas de ceux du Maroc, du Burkina, de l’Algérie, du Mozambique ou de l’Egypte. C’est ainsi que s’exprimant au nom du président Abdelaziz Bouteflika, le premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia, a mis en avant le fait que «la corruption n’est pas une triste singularité africaine comme veulent le faire croire certains discours tenus ici et là ». D’après lui, «malgré les limites objectives qui pèsent encore sur ses moyens, l’Afrique peut s’honorer d’avoir pris à bras le corps la lutte contre la corruption, ce crime dangereux pour le développement et même pour la stabilité de nos pays».

 

Le roi du Maroc, a également inscrit son message dans la même tendance. Dans un discours prononcé en son nom par Nasser Bouritta, le chef de la diplomatie chérifienne, Mohammed VI a fait observer que «la corruption, ce n’est pas seulement un problème moral ou éthique, puisqu’elle a aussi un coût économique, qui grève le pouvoir d’achat des citoyens, et notamment des plus pauvres. Dans certains secteurs d’activité, elle représente 10% du coût de production».

 

Le souverain marocain a en effet fait remarquer que même si, dans le combat que mène le continent contre la corruption, certains pays africains obtiennent de meilleurs résultats que d’autres, parfois plus développés, «la dynamique en cours, masque malaisément une réalité moins radieuse». «Trop d’entraves et de difficultés, minent encore les efforts, qui conduiront à l’émergence» a fait souligner Mohammed VI pour qui parmi ces obstacles majeurs, «se dresse le mal endémique de la corruption, qui ronge nos sociétés».

 

 

Résultat de recherche d'images pour "Afrique, union africaine, lutte contre la corruption, 2017, 2018"

 

«La corruption n’est pas une fatalité africaine. La lutte contre ce fléau doit être érigée en priorité, car il s’agit du plus grand obstacle au développement économique et social, et à l’épanouissement de notre jeunesse. Le bien de nos peuples passe par la prévention et la responsabilisation de tous les acteurs de nos sociétés. Ce chantier nécessite un engagement politique sincère : il est possible de faire face à la corruption grâce aux efforts soutenus de l’action publique, et à la nécessaire implication civique. Pour cela, nous nous devons de mettre en cohérence les paroles et les actes à chacun de nos rendez-vous», a adressé le roi Mohammed VI à ses pairs du continent.

 

De la parole aux actes, c’est aussi le vœu pieu des africains alors que malgré quelques avancées dans certains pays et des initiatives «coup d’éclat», le mal continue de progresser. Au regard du maigre bilan de Nouakchott, on est encore loin de la coupe aux lèvres ce qui ne surprend pas certains commentateurs qui font remarquer que même les cas de corruptions rapportées par ses membres, n’ont pas eu de suite appropriée au niveau de la Commission. C’était le cas, il y a quelques semaines, des révélations faites par un membre du conseil consultatif de l’UA en charge de la lutte contre la corruption qui a préféré quitter le navire après avoir dénoncé des pratiques de corruption au niveau de certains organes relevant de l’institutions continentales comme le NEPAD ou le Parlement de l’UA. Cela veut tout dire…

 

Par Aboubacar Yacouba Barma/ 03/07/2018/

 

https://afrique.latribune.fr/politique/gouvernance/2018-07-03/lutte-contre-la-corruption-en-afrique-des-paroles-en-attendant-les-actes-783918.html

 

Résultat de recherche d'images pour "south africa, political, corruption, state affairs, pretoria city, 2017, 2018"

 

——————————-

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, impôts, fraudes fiscales, afrique, 2018"

 

3 – La lutte contre la corruption en Afrique

 

La lutte contre la corruption demeure l’un des principaux défis des pays africains. Et ce, malgré les initiatives mises en oeuvre sur le continent pour réduire ce fléau devenu comme une norme au sein de plusieurs pays. En effet, même si la majorité des africains se disent contre la corruption, ils restent encore nombreux à en faire usage au quotidien.

 

La corruption touche toutes les échelles de la société. Du petit commerçant au sommet de l’Etat en passant par les fonctionnaires au sein des administrations publiques. Une pratique généralisée dans plusieurs pays africains, le Cameroun et le Nigéria ont d’ailleurs déjà eu à occuper la première place du classement des pays les plus corrompus du monde selon l’ONG Transparency International. Un fléau qui sévit de manière endémique surtout en Afrique francophone sans toutefois épargner le Maghreb qui se situe lui aussi dans la moyenne africaine. 

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, impôts, fraudes fiscales, afrique, 2018"

 

La corruption est selon le Rapport sur la gouvernance en Afrique IV publié par l’ONU en 2016, l’un des obstacles à la transformation structurelle de l’Afrique. Une corruption qui serait directement liée à la mauvaise gouvernance au sein de plusieurs pays africains. Le même rapport stipule que : “l’absence de bonne gouvernance en Afrique laisse à entendre, le plus souvent, que les institutions sont faibles, les mécanismes régulateurs inefficaces, les cadres juridiques et réglementaires inadéquats et les mécanismes d’exécution inopérants  : autant de facteurs qui font le lit de la corruption.”

 

La corruption en Afrique est donc imputables à : la faiblesse des institutions et au recul du niveau de vie des fonctionnaires. Pourtant, face à ce fléau, certaines nations font tout de même figures d’exemple, c’est le cas du Botswana qui selon le dernier rapport de l’ONG Transparency International, est classé comme le pays le moins corrompu d’Afrique. Il est situé à la 35ème place du classement mondial. Il est suivi du Cap Vert qui, avec sa 38ème place au classement mondial, se hisse comme le pays le moins corrompu d’Afrique de l’Ouest. Le Rwanda et L’Île Maurice se dispute le podium des pays les moins corrompus d’Afrique en occupant tous les deux la 50ème place du classement.

 

www.africa24tv.com/ décembre 2018

 

https://www.africa24tv.com/fr/la-lutte-contre-la-corruption-en-afrique

 

Résultat de recherche d'images pour "south africa, political, corruption, state affairs, pretoria city, 2017, 2018"

 

——————————-

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, pauvreté, 2018"

 

4 – Comment gagner la lutte contre la corruption en Afrique

 

Aujourd’hui est la Journée africaine de lutte contre la corruption – une occasion importante pour reconnaitre les progrès dans la lutte contre la corruption en Afrique et le travail significatif qui reste encore à accomplir.  Pour étayer ceci, l’Union africaine a désigné 2018 comme l’année pour ‘’gagner la lutte contre la corruption’’. L’Union africaine est engagée à combattre ce problème;  elle a signé plusieurs traités visant à assurer la démocratie, l’état de droit et la bonne gouvernance. Cependant, il reste beaucoup à faire.

 

Le continent est la région du monde au plus bas du classement de l’Indice de perception de la corruption (IPC), notre classement de 180 pays par rapport au niveau de corruption perçu de leur secteur public. La moyenne en termes de note de l’IPC pour les pays d’Afrique est de 32 sur 100 et six des dix pays au bas de l’indice sont africains.  

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, pauvreté, 2018"

 

_ L’impact de la corruption

L’impact de la corruption ne peut être sous-estimé. Approximativement 43 pourcent des africains vivent dans la pauvreté tandis que des avoirs volés estimés à 50 milliards $US s’échappent du continent chaque année. C’est de l’argent qui pourrait être investi dans les emplois et les services sociaux qui requièrent le plus de ressources additionnelles. Le manque de développement largement répandu – du Zimbabwe en Libye – est intensifié par des vastes systèmes de corruption qui dissuadent les investisseurs et découragent la poursuite du développement. Les fonds détournés constituent 25 pourcent des pertes de ressources liées au développement en Afrique. Les individus et les familles sont aussi affectés. En Afrique subsaharienne, un sur deux citoyens a rapporté avoir payé un pot-de-vin pour des services fonciers tel que l’enregistrement des domaines fonciers et arrêter l’accaparement de leurs maisons familiales.  

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, lutte contre la corruption, afrique, gouvernance, 2017, 2018, afrique"

 

_ Des slogans aux actions

Transparency International se félicite des engagements de l’Union africaine (UA) mais des actions importantes sont encore requises pour affranchir l’Afrique de la corruption. TI et ses 28 sections africaines ont rédigé une lettre ouverte à l’attention de l’UA qui met en lumière sept domaines clés sur lesquels l’UA doit concentrer ses efforts : 

  • Appui financier. Le financement doit être proportionnel aux engagements en vue de renforcer les systèmes anti-corruption existant et appuyer la société civile.
  • Ratification de traités. Les pays qui ne l’ont pas encore fait doivent ratifier la Convention de l’UA sur la prévention et la lutte contre la corruption, une feuille de route partagée mettant en œuvre des politiques en matière de gouvernance et de lutte contre la corruption.
  • Enquêtes internes. Les récentes allégations de corruption au sein du Conseil consultatif de l’Union africaine sur la corruption et les autres différents départements de l’UA devraient faire l’objet d’enquêtes et tout contrevenant devrait être sanctionné.
  • Marchés publics. L’UA devrait développer des normes et lignes directrices minimales pour des marchés publics éthiques et renforcer les pratiques en matière de marchés publics à travers le continent par la formation, le suivi et la recherche.
  • Commande publique ouverte. Des pratiques de commande publique ouverte qui rendent les données et la documentation plus claires et plus faciles à analyser devraient être adoptées par tous les pays africains.
  • Avoirs volés. Les gouvernements devraient créer et renforcer les lois qui s’attaquent aux produits de la corruption, du crime et du blanchiment des capitaux.
  • Entreprises écrans. Les entreprises privées gardent parfois leurs propriétaires dans l’anonymat, permettant aux activités criminelles et à l’argent sale de ne pas être suivis. Les pays de l’UA devraient mettre en place des registres publics qui nomment ces personnes et examiner minutieusement les soumissionnaires pour les contrats publics

 

Téléchargez la lettre pour une liste complète de recommandations.   

 

Politics and government • 11 July 2018/

 

https://www.transparency.org/news/feature/comment_gagner_la_lutte_contre_la_corruption_en_afrique

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, lutte contre la corruption, Côte d’Ivoire, Sénégal"

 

——————————-

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, panama papers, fraudes, corruption, évasion fiscale, Afrique, 2017, 2018"

 

5 – Politique économique/ Évasion fiscale : plus de 244 millions de dollars recouvrés auprès des multinationales en Afrique

 

Initiative conjointe de l’OCDE et du PNUD, les « Inspecteurs des impôts sans frontières » ont permis aux États africains de récupérer 244,2 millions de dollars depuis 2015. Un programme efficace : pour chaque dollars alloué à cette organisation, une hausse des recettes fiscales recouvrés de 140 dollars a été constatée.

 

L’Initiative Inspecteurs des impôts sans frontières (IISF) commence à monter en puissance pour aider les États à mieux faire rentrer les recettes fiscales, nécessaires à leur développement et au fonctionnement de leurs services publics. Créé en 2015 par l’OCDE et le PNUD, ce vivier d’une quarantaine d’inspecteurs venus de 11 pays a permis à 17 pays africains de collecter 244,2 millions de dollars (212,4 millions d’euros) supplémentaires de recettes fiscales auprès des entreprises multinationales, essentiellement au cours des deux dernières années, sur un total de 414 millions de dollars à l’échelle mondiale.

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, Évasion fiscale, Afrique, 2017, 2018"

 

Ces inspecteurs étrangers sont demandés par les pays qui se sentent insuffisamment outillés pour mobiliser leurs ressources intérieures via la fiscalité. C’est ainsi que des spécialistes britanniques sont venus former les agents du fisc du Lesotho pour améliorer leur vérification des dossiers des secteurs du bâtiment ou de la banque. Des agents des Pays-Bas, où l’horticulture est reine, ont aidé leurs collègues des administrations d’Éthiopie et du Kenya à traquer l’évasion fiscale des firmes transnationales horticoles. Des experts en diamant ont permis aux fiscs du Botswana et du Liberia de mieux apprécier le prix des pierres précieuses dont ils doivent récupérer une part de la valeur.

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, Évasion fiscale, Afrique, 2017, 2018"

 

Une aide technique efficace

Au 29 avril 2018, sept programmes avaient été menés à bien dont trois en Afrique et 29 étaient en cours d’exécution dont 16 en Afrique. L’efficacité de cette aide technique est confirmée par le fait que, « pour un dollar alloué au financement de programme IISF en Afrique, une hausse des recettes fiscales recouvrées de plus de 140 dollars a été enregistrée », note le rapport annuel 2017/2018 de l’organisation paru le 4 octobre.

 

La demande se faisant plus forte au fur et à mesure que l’efficacité du dispositif se confirme, les effectifs devraient être portés à une centaine d’inspecteurs d’ici 2020. Autre bonne nouvelle, dans ce domaine aussi la coopération Sud-Sud progresse puisque des inspecteurs kényans apportent leur compétence au Botswana, des Nigérians épaulent leurs collègues libériens et l’Afrique du Sud a dépêché un de ses experts en Ouganda. L’amélioration des compétences fiscales n’a pas seulement pour effet de mieux faire rentrer les impôts. Elle a aussi pour vertu de sécuriser les contribuables en clarifiant les règles du jeu, ce qui dissuadent ceux-ci de pratiquer la fraude et l’évasion fiscales à titre « défensif ».

 

Réservé aux abonnés/ 05 octobre 2018/ Par Alain Faujas/ Mis à jour le 05 octobre 2018/

 

https://www.jeuneafrique.com/640660/economie/evasion-fiscale-plus-de-244-millions-de-dollars-recouvres-aupres-des-multinationales-en-afrique/

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, panama papers, fraudes, corruption, évasion fiscale, Afrique, 2017, 2018"

 

——————————-

 

Résultat de recherche d'images pour "algérie, alger,"

 

6 – Scandale d’évasion fiscale : 440 Algériens ont caché plus de 671 millions de dollars en Suisse

 

L’Algérie sera gravement bouleversée et touchée par le scandale mondial appelé communément « SwissLeaks ». De nombreux Algériens ont caché de l’argent dans les caisses de la très controversée HSBC Private Bank à Genève ! Selon les documents confidentiels obtenus par le quotidien français Le Monde et plusieurs autres grands médias internationaux ainsi que le consortium de journalistes d’investigation (ICIJ), au moins 440 Algériens ont caché plus de 671 millions de dollars en Suisse par le biais de  l’établissement britannique HSBC, deuxième groupe bancaire mondial, par l’intermédiaire de sa filiale suisse HSBC Private Bank.

 

L’Algérie figure même parmi les 55 pays dans le monde qui détiennent les plus importants montants en dollars transférés illicitement dans les comptes bancaires hébergés par cette filiale suisse de la HSBC. Ces transferts de devises illicites ont été accomplis très précisément entre le 9 novembre 2006 et le 31 mars 2007. Pour l’heure, nous ignorons l’identité exacte des détenteurs des comptes algériens. Mais tout porte à croire que de nombreuses personnalités politiques seront touchées par les révélations qui seront faites prochainement par Le Monde et l’ICIJ.

 

Résultat de recherche d'images pour "algérie, alger, Scandale d'évasion fiscale, Algériens,"

 

Pour rappel, selon la réglementation algérienne, en référence à l’article 8 du règlement 07-01 de la Banque d’Algérie, il est strictement interdit de posséder des avoirs monétaires et immobiliers à l’étranger à partir de ses activités en Algérie. Ses avoirs sont jugés légaux en Algérie s’ils ont été acquis par des sommes d’argent amassées à l’étranger. L’Article 8 de ce règlement explique clairement que « hormis les cas expressément prévus par l’article 126 de l’Ordonnance N°03-11 susvisée, la constitution d’avoirs monétaires, financiers et immobiliers à l’étranger par les résidents à partir de leurs activités en Algérie est interdite ». Rappelons enfin que le « SwissLeaks » est le fruit de nombreuses investigations menées entre Paris, Washington, Bruxelles ou Genève. Des investigations qui dévoilent les dessous d’un vaste système d’évasion fiscale.

 

Par La rédaction/ 9 février 2015/ Revu décembre 2018

 

https://www.algerie-focus.com/2015/02/scandale-devasion-fiscale-440-algeriens-ont-cache-plus-de-671-millions-de-dollars-en-suisse/

Résultat de recherche d'images pour "algérie, police, police, fraudes, algérie"

——————————-

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, panama papers, fraudes, corruption, évasion fiscale, Afrique, 2017, 2018"

 

7 – Afrique : le fléau de la corruption entre dirigeants et multinationales

 

Quand on parle de corruption en Afrique, on pointe à raison l’impact des multinationales venant s’installer sur le continent. Mais sont-elles les seules responsables ? Dans son article publié en collaboration avec le projet www.libreafrique.org, Mauriac Ahouangansi, dénonce les connivences entre les entreprises multinationales et les dirigeants africains. D’un côté comme de l’autre, les responsabilités sont accablantes. L’auteur appelle alors à une législation protégeant les lanceurs d’alertes et à des accords internationaux qui permettraient aux pays d’origine des multinationales concernées d’aider à démontrer et punir les faits de corruption.

 

Au cœur des fléaux qui minent le continent africain figure, en tête de peloton, la corruption, surtout dans l’exploitation des ressources naturelles. L’Union africaine a d’ailleurs fait de la corruption, l’un des dossiers prioritaires de son sommet de janvier 2018. Si la responsabilité des multinationales est souvent brandie, sont-elles réellement les  seules fautives ?

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, panama papers, fraudes, corruption, évasion fiscale, Afrique, 2017, 2018"

 

_ Connivence entre dirigeants et multinationales

Les pays africains peinent à se défaire de la corruption tout simplement parce que la lutte manque de vraie volonté politique. En effet, les avancées de la lutte contre la corruption restent mitigées. Pour preuve le rapport 2018 de Transparency International, selon lequel la majorité des pays fermant la marche dans ledit classement sont africains. Pourquoi ? Ceci s’explique par l’inaction sinon la complicité des dirigeants dans la surexploitation des ressources naturelles par les multinationales  étrangères.

 

Pour les dirigeants, c’est souvent un moyen de s’assurer à eux, leur entourage et à leur progéniture un train de vie élevé au détriment du bien-être des populations. En 1998, après la mort de l’ancien président nigérian Sani Abacha, les accords entre le Nigeria et la Suisse, ont permis le rapatriement de 533 Millions USD et cela rien que pour la Suisse ! Il s’agit de  fonds issus du pétrole, détournés en complicité  avec des multinationales exploitantes. Mieux, dealer avec les multinationales s’avère l’un des moyens les plus simples pour corrompre les différents maillons de la chaîne électorale et de s’assurer une  réélection facile et répétitive. Selon Global Witness, en Guinée,Sable Mining aurait financé la campagne présidentielle 2010 d’Alpha Condé par des pots-de-vin versés via son fils.

 

Quant aux multinationales, corrompre les dirigeants les dispense d’une concurrence et d’un effort supplémentaire pour accéder aux marchés et aux ressources naturelles. Elles trouvent également de l’intérêt à ce que ces mêmes dirigeants se maintiennent au pouvoir pour la pérennisation de leurs deals. D’où leur implication souvent active dans la réélection de ces dirigeants. L’affaire « Bolloré » qui défraie actuellement la chronique met en lumière un mécanisme dans lequel les chefs d’Etats guinéen et togolais auraient bénéficié de services sous facturés d’une filiale du groupe Bolloré dans leurs différentes campagnes présidentielles. Cela en échange de marchés très juteux dans les ports. L’alliance s’avère gagnant-gagnant. Mais que faire pour endiguer ce fléau ?

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, lutte contre la corruption, afrique, gouvernance, 2017, 2018, afrique"

 

_ Protéger les lanceurs d’alerte

Les «paradise papers» ou les «panama papers» ont permis de démasquer des cas de corruption et de manœuvres suspectes, grâce à l’accès à des données sensibles. Il serait donc salutaire d’instaurer une protection juridique des lanceurs d’alertes pour encourager la société civile et les activistes à assurer une veille salutaire au bien commun. Au Niger, par exemple, c’est la pression de la société civile qui a amené le gouvernement en 2014 à revoir son indécent favoritisme fiscal au profit du Groupe français Areva. Notons qu’en RDC, les rapports du Groupe d’Etude sur le Congo, et l’ONG Global Witness, accablant Joseph Kabila et son entourage pour des cas de corruption et de détournement des rentes minières n’ont pas encore permis de l’inquiéter bien que des dizaines de milliards de dollars soient en jeu.

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, lutte contre la corruption, afrique, gouvernance, 2017, 2018, afrique"

 

_ Plus de transparence dans la passation des marché

En outre, il faudrait réviser les codes de passation des marchés dans plusieurs pays et mettre en place des procédures claires et transparentes autour des concessions minières. Par exemple, les contrats miniers du groupe Sable Mining au Libéria et en Guinée ont été remis en question  par l’ONG Global Wittness avec les preuves des manigances. Malheureusement, les techniques de corruption se complexifient et appellent à des dispositifs de contrôle de plus en plus sophistiqués. Pour le suivi, il est urgent de créer des institutions autonomes, incluant des membres de la société civile outillés pour assurer une veille dans les administrations.

 

De même, les contrats en cours de négociation devraient être impérativement soumis au parlement pour contrôle. Il faudrait en plus une justice indépendante et des cours de comptes investies en la matière. En ce sens,  des accords entre les gouvernements devraient permettre d’une part, la levée rapide de l’immunité des personnalités politiques, et d’autre part une procédure judiciaire en harmonie avec les législations des pays d’origine des multinationales sur leur territoire.

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, panama papers, fraudes, corruption, évasion fiscale, Afrique, 2017, 2018"

 

_ Une franche collaboration des pays d’origine

Les réformes sur la transparence et l’état de droit sont certes nécessaires et urgentes mais difficilement réalisables à court terme au vu des nombreux obstacles restant à surmonter. Une situation qui appelle à l’implication des pays de provenance des multinationales où l’état de droit est plus fort.  C’est dans cette logique que la Convention de l’OCDE contre la corruption implique, pour les signataires, la mise en place de sanctions « efficaces, proportionnées et dissuasives», surtout concernant les cas de « corruption d’agent public étranger ».

 

Même si cet accord est ratifié par la plupart des pays de provenance des multinationales depuis son adoption en 1998, très peu de cas ont abouti à des peines réellement dissuasives. Les pays de provenance doivent donc aller plus loin en bloquant par exemple le financement des banques publiques au profit des multinationales corrompues. La Banque Européenne d’Investissement finance par exemple Glencore et beaucoup d’autres multinationales accusées de corruption et de pillage en Afrique par plusieurs rapports.

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, panama papers, fraudes, corruption, évasion fiscale, Afrique, 2017, 2018"

 

Les pays d’origine pourraient établir des règles strictes concernant la traçabilité des fonds issus de ces transactions pour prévenir les détournements. Aussi, un traité international devrait permettre de conférer une personnalité juridique aux multinationales et leurs filiales pour les mettre face à leurs responsabilités. Les mécanismes tels que « Publish what you pay » de l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives, de même que le reporting pays par pays du parlement européen, qui visent à rendre l’information financière disponible, doivent désormais être couplés à des sanctions.

La corruption naissant des connivences entre multinationales et dirigeants dans l’industrie extractive en Afrique est devenue très complexe et globale. Face à cela une approche globale et intégrée entre les pays d’accueil et de provenance est primordiale en lieu et place des tergiversations. Autrement le pillage ne connaîtra pas son épilogue de sitôt, la pauvreté non plus d’ailleurs.

 

By Boureima/ 18 juin 2018/

 

https://www.wakatsera.com/afrique-le-fleau-de-la-corruption-entre-dirigeants-et-multinationales/

 

Résultat de recherche d'images pour "afrique, panama papers, fraudes, corruption, évasion fiscale, Afrique, 2017, 2018"

 

——————————-

 

Image associée

 

8 – En Afrique du Sud, le grand déballage sur la corruption à l’époque de Jacob Zuma

 

La commission Zondo est chargée de faire toute la lumière sur les pratiques néfastes de la riche famille Gupta au cœur de l’Etat. « Vous devez comprendre que nous contrôlons tout : le parquet, la police, les renseignements. Et que le vieux fait tout ce qu’on lui dit. » Le « vieux », c’est Jacob Zuma, l’ancien président sud-africain. Et cette phrase viendrait d’Ajay Gupta, telle que l’a rapportée vendredi 24 août l’ancien ministre des finances Mcebisi Jonas devant une commission d’enquête judiciaire.

 

Depuis le 20 août, la commission Zondo, du nom du juge qui la préside, est chargée de faire toute la lumière sur les « allégations de capture de l’Etat, de corruption et de fraude dans le secteur public et les institutions ». Ses travaux devraient durer deux ans. Mais pour sa troisième journée, déjà, l’auditoire a eu son lot de révélations fracassantes sur les pratiques néfastes de la riche famille Gupta, au cœur du scandale qui a fait trembler l’Afrique du Sud et a précipité la chute de son président.

 

Image associée

 

Rafler des contrats publics

Les accusations sur la « capture de l’Etat » sont connues de longue date : à savoir que la fratrie indienne aurait utilisé de son influence sur Jacob Zuma pour choisir des ministres et placer des hommes de main dans toutes les institutions clés. Le tout selon un schéma de captation leur permettant de rafler des contrats publics et de servir au mieux leurs intérêts financiers. Mais en racontant par le menu sa première rencontre avec l’un des frères Gupta, Mcebisi Jonas a démontré très crûment l’arrogance, la gravité et l’étendue de leur emprise.

 

Le récit est digne d’un scénario hollywoodien. Le 23 octobre 2015, l’ancien vice-ministre s’est rendu dans leur luxueuse demeure de Saxonwold, le quartier général de leur empire, dans un quartier huppé de Johannesburg. C’est Duduzane Zuma, qui n’est autre que le fils de l’ex-président, qui l’y a attiré, sans l’informer de l’objet de la rencontre : « J’ai reconnu M. Gupta d’après les photos que j’avais vues dans les médias, mais il ne s’est pas présenté et a commencé tout de suite à parler. Il a dit que le vieux [Jacob Zuma] avait l’air de bien m’aimer, qu’ils m’ont appelé pour me jauger et voir s’il était possible que je travaille avec eux », a t-il amorcé.

 

En guise d’entrée en matière, l’homme d’affaires indien aurait prévenu son hôte qu’il détenait des informations sur lui et qu’il pouvait « détruire sa carrière politique » s’il le souhaitait. Le frère Gupta lui aurait ensuite annoncé que Jacob Zuma s’apprêtait à limoger le ministre des finances, Nhlanhla Nene, et lui a proposé son poste.

 

Résultat de recherche d'images pour "south africa, son of zuma, corruption, 2017, 2018"

 

Le fils Zuma au cœur du scandale

« Il a dit que je deviendrais très riche et qu’il me donnerait 600 millions de rands [36 millions d’euros]. Il a pointé du doigt Duduzane Zuma, derrière moi, et a dit qu’il l’avait rendu milliardaire, qu’il s’était acheté un appartement à Dubaï », a t-il poursuivi. Membre de plusieurs conseils d’administration de leurs entreprises, le fils Zuma est la pièce maîtresse des Gupta, qui leur a ouvert les portes de la présidence. Au vice-ministre, Ajay Gupta se serait montré plus qu’insistant sur sa proposition de pot-de-vin : « Il m’a dit : “Si tu as un sac, je te donne 600 000 rands [36 000 euros] tout de suite. On peut aussi t’ouvrir un compte à Dubaï et y déposer l’argent”. » Dubaï, leur base arrière où leurs millions transitaient et où ils se seraient actuellement réfugiés.

 

Mcebesi Jonas a cherché à en savoir plus sur leurs projets. « Ils voulaient se débarrasser de Nhlanhla Nene parce qu’il n’était pas assez coopératif. A ce moment-là, la famille Gupta gagnait environ 6 milliards de rands d’argent public grâce à leurs contrats avec Eskom [la compagnie nationale d’électricité], Transnet [la compagnie ferroviaire] et d’autres départements. Ils voulaient passer ce montant à 8 milliards », a-t-il relaté.

 

Résultat de recherche d'images pour "south africa, political, corruption, state affairs, pretoria city, 2017, 2018"

 

_ Interférer dans la composition du gouvernement

« A la fin, M. Gupta a répété qu’ils savaient des choses sur moi et que si je révélais que cette rencontre avait eu lieu, ils me tueraient », a terminé l’ancien vice-ministre, provoquant la stupéfaction de l’audience. Deux mois après la rencontre, le limogeage de Nhlanhla Nene a provoqué une levée de boucliers des milieux d’affaires, la défiance des investisseurs et alimenté les premières suspicions sur l’influence des Gupta.

 

En mars 2016, Mcebisi Jonas a fini par déclarer publiquement que la famille indienne tentait d’interférer dans la composition du gouvernement, point de départ du feuilleton qui a tenu l’Afrique du Sud en haleine jusqu’à la démission de Jacob Zuma, le 14 février. Depuis, un mandat d’arrêt vise Ajay Gupta, plusieurs de ses proches collaborateurs ont été arrêtés, et Duduzane Zuma a été inculpé pour corruption.

 

En plus de fournir des éléments aux procédures en cours, l’intérêt de la commission Zondo, dont les audiences sont publiques et retransmises en direct à la télévision, semble avant tout cathartique. « Pour tous ceux qui regardent, c’est un véritable ascenseur émotionnel, estime l’éditorialiste Ranjeny Mumusami, qui assistait à l’audience. Ce phénomène de capture de l’Etat a été extrêmement traumatisant pour l’Afrique du Sud. Cela a sapé notre démocratie à un point qu’on n’imagine pas. Maintenant, la justice doit faire son travail. »

 

Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)/ Par Adrien Barbier / Publié le 27 août 2018/ Mis à jour le 27 août 2018/

 

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2018/08/27/en-afrique-du-sud-le-grand-deballage-sur-la-corruption-a-l-epoque-de-jacob-zuma_5346616_3212.html

 

Résultat de recherche d'images pour "south africa, political, corruption, state affairs, pretoria city, 2017, 2018"

 

——————————-

 

Image associée

Port Louis | www.imagenesmy.com

 

Leave a reply